14 août 2008 – Brel ou l’impossible rêve

Dans le cadre de la 3e édition du festival de théâtre « Paris au mois d’août », le spectacle musical « Jacques Brel ou l’impossible rêve » me tombe littéralement du ciel (Merci à toi Jérémie !) ! La seule idée de réentendre ces chansons qui me font frissonner ne peut que me faire accepter avec grand plaisir. Sans réellement savoir à quoi m’attendre (je suis de celle qui aime se faire leur opinion toute seule sans lire les chroniques), je me dis déjà que ce moment sera spécial…

En cette veille d’Assomption, la première affiche de concert sur laquelle je tombe dans le métro est celle de Pascale Picard : encore de bon augure ! Je m’engouffre dans l’impasse Lamier juste avant l’averse et je tombe nez à nez avec… le metteur en scène ! « La Périchole », opéra-bouffe d’Offenbach se joue avant dans la même salle d’une centaine de places. On décide que l’interview se fera « à chaud », après la représentation.

Le hall se remplit, la chaleur monte, on s’impatiente… Enfin, la porte s’ouvre… Café-théâtre, piano-bar… Personne ne sait vraiment où il est atterri mais chacun s’y sent bien. On dirait même que les bières sur la table au centre de la scène nous soit destinées ! Le banc à gauche ressemble à s’y méprendre à celui sur lequel nous étions assises quelques minutes plus tôt !

Sur scène, trois artistes vont nous faire voyager une heure et demie durant dans l’existence de Jacques Brel, de « [s]on enfance » à sa mort. Femmes, chanson, cinéma, pays natal, aviation : aucune passion de l’artiste n’est laissée au hasard. « Les prénoms de Paris », la première chanson m’est inconnue… J’ai rudement bien fait de venir ! Les premiers applaudissements se font discrets. On a le droit ? Puis, les lèvres remuent… Les titres s’enchaînent, tantôt parlés tantôt chantés, tantôt portés par la voix captivante d’Hélène Arden (une interprétation bouleversante de justesse et d’intensité) tantôt par la robuste voix d’André Nerman, tantôt monologués tantôt accompagnés du piano de Laurent Clergeau, tantôt poignants tantôt cocasses (mention spéciale aux « Flamandes »). Le trio fonctionne à merveille ! Et alors, on s’en donne à cœur joie et les têtes se balancent. Les morceaux comme « Madeleine », « Les timides » (quel régal !), « Ne me quitte pas », un passage obligé par « Amsterdam » via « Orly » sont intercalés de références biographiques et de propos qui prennent corps, là devant nous. On se plaira à entendre ou réentendre : « il faut fuir la gravité des imbéciles ».

Bien désappointée par la fin de la dernière chanson (je ne vous gâche pas le plaisir par une ultime révélation), une fois le dernier rappel consommé (« La chanson des vieux amants », ma préférée !), c’est avec regret que je m’extirpe de ma banquette.

Un regret vite dissipé car André Nerman me fait la gentillesse d’une interview dans un café. Il y avait encore de la lumière, alors nous sommes entrés… (voir section interviews).

Sur le chemin du retour, après qu’une souris me soit passée entre les jambes, je suis interpelée par un jeune homme qui me demande si j’apprécie la musique RnB qu’il diffuse, haut-parleurs autour du cou. Ah ! le retour à la réalité est parfois bien cruel !

Alors, laissez-vous aller… Votre cœur sera bercé d’émotions insoupçonnées… Brel ne croyait pas si bien dire quand il affirmait qu’ « un artiste, c’est quelqu’un qui a mal aux autres ». A méditer mais hâtez-vous pour profiter de cette occasion inespérée jusqu’au 21 août à Paris, en Ile-de-France et en province à la rentrée.

Clo’s Song