17 au 20 juillet 2008 – Festival des Vieilles Charrues

Cool, je vais me faire le festival des Vieilles Charrues, en tant que photographe pour Hexalive, c’est ma première et j’en suis ravi !  2008 est la 17e édition des Charrues, du 17 au 20 juillet, ayant pour thème : « les Pirates » ! Sur le site de Kerampuilh, toujours les 4 mêmes scènes : Glenmor, Kerouac, Xavier Grall et La Garenne ! A l’abordage !

Jeudi : soirée inaugurale, sur la grande scène, Glenmor !
Arrivé en terre carhaisienne sur les coups de 20h, sous le soleil breton, je file aux accreds pour récupérer mon pass photo et ne rien louper du concert de Lemmy – qui porte son éternel chapeau de corsaire sur la tête – et sa bande : Motorhead (tant pis pour les BB Brunes qui ont ouvert le festival juste avant…).
La magie des Charrues ayant déjà fait son effet sur la foule, je découvre les 37000 festivaliers appréciant le hard rock’n’roll dur et lourd des Anglo-saxons metalleux.

Puis, changement de décor, d’époque et de catégorie avec le californien Ben Harper & ses Innocent Criminals ! Sa maîtrise de l’impro et de la guitare slide est tout simplement hallucinante. C’est la seconde fois que je le vois sur scène mais ce show me laisse l’effet d’un électrochoc et, me mets définitivement dans le bain des Vieilles Charrues !

Pour clôturer la première nuit du festival, Pete Doherty et les Babyshambles déboulent sur scène à 00h15, légèrement vacillants mais assurant leur set « rock anglais » comme il se doit, ce qui est déjà pas mal !

Vendredi
Il a bien commencé, ce vendredi : du soleil au réveil, et, à 16h sur Kerouac, les drôleries caustiques de Maïon et Wenn, gagnantes du tremplin « Jeunes Charrues 2007 » (la tradition oblige les heureux gagnants à ouvrir le festival l’année suivante ! quelle dur devoir !). Concert bien déjanté et bien travaillé : les deux drôlesses nous ont parlé d’« amour avec des poils autour ». Improbable ! Entourées désormais de musiciens, elles enchaînent sur le rap de l’enterrement de Bambi, puis nous montrent les plus belles paires de fesses bretonnes (les leurs !) debouts sur leur piano rouge ! Elles ont fait l’unanimité, bravo les filles !

S’ensuit le concert de Yael Naim sur Glenmor : grande révélation francophone de l’année 2007, Yael enflamme la foule avec son premier single incontournable « New Soul », accompagnée des chœurs de 50000 festivaliers, « la la la la la la la la la la la la la… », et ses ballades pop folk…

Pour info, Aaron a du annuler la date, dommage, j’aurais bien aimé les découvrir en live…
C’est l’énigmatique Daniel Dark qui les remplacera au pied levé.

Parallèlement à tous ces concerts, je m’autorise tout de même quelques pauses dans la tente « conférence de presse », et j’assiste donc à quelques confs, qui s’enchaînent les unes derrière les autres, moments privilégiés entre les artistes et les journalistes !

Christophe Maé arrive à 19h45 sur scène mais ça me fait mal de rester, je décide de l’abandonner avant qu’il ne m’empoisonne. Il a malgré tout provoqué un raz de Maé…

Le grand moment de la journée, attendu de tous, est le concert des vieux Texans barbus… les ZZ Top ! Fidèles au même look de bikers depuis des décennies, pantalons en cuir, bottes, foulard dans les cheveux, et bien sûr, leur barbe mythique, ils assurent un show de blues-rock, quelque peu « barbant », ce qui m’incite à me déplacer vers la scène Xavier Grall, pour découvrir….

Patrick Watson, ce canadien très talentueux et très créatif envoûte littéralement le public. Sa voix douce et suave n’est pas sans rappeler un certain Jeff Buckley. Ses ballades atmosphériques me scotchent définitivement à la scène !!

Toujours sur la même scène, Xavier Grall, j’assiste ensuite au concert des belges Sharko, écorchés vifs, qui ont électrisé et envoûté leur public, avec  des titres comme « Sweet Protection » ou encore « Motels ».

Enfin , Calvin Harris l’Ecossais et ses musiciens, clôturent la journée avec un set electro disco new wave très sympa, sur la scène Glenmor !

Samedi

Petite frayeur samedi matin, en voyant le ciel gris et menaçant, mais le soleil a fini par percer les cumulonimbus ! Aujourd’hui, les Charrues sont full et  les concerts se jouent à guichets fermés !

C’est à la bretonne Yelle qu’est revenu l’honneur d’ouvrir cette journée, sur Kerouac, avec ses tubes electro pop, et ses tenues 80’s flashy, elle a déchaîné les foules !
N’étant pas véritablement « fan », je préfère assister à la conférence de Camille. Très sympa, cette dernière partage avec les journalistes une bonne bouteille de jus de choucroute (et oui ça existe !!) et fait même fredonner au public un petit Gimmick sur lequel elle nous lancera une petite impro vocale. Petit moment de magie à Carhaix !

S’ensuit donc son concert. Son show est vraiment impressionnant : un piano, des voix, une beat box humaine, des cuivres, danses chamaniques ! Elle, vêtue d’une cape orange, possédée est en parfaite communion avec le public, à tel point qu’elle se fait traiter de « salope » par la foule !
Petite explication tout de même : Camille mentionne le fait que nous sommes 55000 festivaliers aujourd’hui et que si chacun d’entre nous achète son disque, elle pourrait refaire sa salle de bain… Elle se dit elle-même être une « salope » pour penser ça, et finalement la foule reprend en cœur « ah la salope », à l’initiative de Miss Camille !

Duffy a ensuite pris place sur Kerouac : n’ayant pas assisté à son concert, je ne peux en dire davantage…si ce n’est que les quelques amis étant présents, ont été déçus de ladite « nouvelle Amy Winehouse »…

Après avoir assisté à la conférence de presse de Gad Emaleh, je me dirige vers la grande scène pour assouvir ma curiosité : voir le dandyEtienne Daho mais grosse déception : interdiction d’accéder à la fosse pour les photographes. J’ai tout de même pu faire quelques shoots à son insu (en me faufilant dans la foule)  assez représentatifs de son déhanché endiablé !

Il est maintenant 21h00 passés, l’appel de la paella se fait ressentir !!! J’ai 30 minutes chrono pour la dévorer avant de voir le tant acclamé Gad Elmaleh ! Mission accomplie, le show commence. Gad, seul face à 55000 personnes vient prendre le relais de Jamel présent l’année dernière. Il transforme la plaine de Kerampuilh en un immense café théâtre. Entouré de son piano, sa guitare ; il se lance dans un show spécialement concocté pour les vieilles charrues.
Mais en évoquant par hasard dans un sketch Bob l’éponge, la foule en délire réagit et reprend alors en cœur, « libérez Bob l’éponge, libérez Bob l’éponge ». Gad, interloqué se lance alors dans une improvisation faisant du héros le fil conducteur de la fin du spectacle. Le héros en Hélium recouvre le ciel de Carhaix, l’émotion est à son comble !
Mais que tout le monde se rassure, il a tout de même entonné « Petit oiseau … »
Une petite mousse plus tard, bien méritée, Matmatah monte sur les planches pour leur dernier concert breton car ces brestois d’origine ont décidé de splitter après 13 années d’existence. Concert à la fois émouvant et rock’n’roll, très belle surprise pour ma part qui en était resté aux titres les plus connus (A Lambé ou Emma). Les Mat donnent absolument tout et le public leur rend bien.
La foule est déchaînée et c’est peut être bien le moment où la terre carhaisienne a le plus vibré durant ce week end …!!
Final somptueux : un lancer de cotillon sur la fameuse chanson de Joe Dassin, « on s’est aimés comme on se quitte… » tout est dit … bonne route à vous les gars !

A peine remis de mes émotions, la charismatique Beth Ditto de Gossip fait une entrée fracassante sur la grande scène ! C’est parti pour un show ravageur et bouillant. Son énergie et sa générosité font l’unanimité. Elle vit à 300% chaque titre qu’elle interprète et c’est ça qui la rend majestueuse. Sans doute l’un des plus gros concerts de ce festival ! Le savant dosage entre et énergie et fragilité fait son effet.
C’en est fini pour aujourd’hui…

Dimanche

Réveil en beauté : ciel bleu et soleil, rythmé sur les balances de The Do.
C’est Asa, la nouvelle révélation nigériane, qui se lance aujourd’hui en première sur la scène Kerouac. Son titre Fire on the mountain rallie les foules et les curieux. Je découvre un reggae soul acoustique entêtant. Ses paroles vibrantes d’humanité font mouche à chaque morceau, bravo l’artiste !

En face, sur Glenmor, The Do débute son set à 17h00. Et dire que l’année dernière, comme le disait lors de la conférence de presse Dan (le bassiste et compositeur), ils ne se produisaient que dans des petites salles comme la Flèche d’Or… !
Set réussi : c’est un cocktail frais, excentrique, mélancolique, doux. Leur peu d’expérience sur les planches ne les empêche pas d’enflammer la pelouse de Carhaix. A noter la batterie custom constituée d’ustensiles de cuisine leur permettant de délivrer un son maison. La beauté de la chanteuse permet d’accompagner ce paysage acoustique d’une touche visuelle très sympathique !

Mais l’heure du départ approche, j’assiste tout de même au début de concert de Vanessa Paradis et de son complice Mathieu Chedid. Elle commence avec  son nouveau tube « Divinydille » puis enchaîne ses duos avec M dès le deuxième titre. Sa douceur semble faire le bonheur de 60000 festivaliers.

Les rendez vous manqués et regrettés de cette fin de soirée seront The Kook, The Hives, et Morcheeba… snif, mais il y a quelques kilomètres à avaler ce soir …

N’oublions pas également que les Vieilles Charrues, c’est aussi 8 salariés permanents, une quinzaine de stagiaires, 1200 salariés et 6000 bénévoles pendant le festival. Cette année, le record  est pulvérisé : quelque 217 000 festivaliers sur les 4 jours confortant ainsi leur position de leader des festivals de France. La recette miracle : une météo très favorable et une programmation axée jeune public.
Pour conclure, de belles pointures de la scène internationale et française et des découvertes alléchantes.

Fabous – Crédit photo : Fabous