17 et 18 Octobre 2008 – Festi’Val de Marne

Sur place en avance et côté VIP, mazette ! Bah la prochaine fois, je ferai en sorte d’être là avant les artistes, va ! Motivée, motivée, la Clo est toujours motivée !! Comme j’ai du temps à tuer, je détaille la liste des groupes invités. Contrairement à la couleur punk annoncée dans l’intitulé de la soirée, une bonne partie de la prog n’a pas grand-chose à voir avec ce style.

Vendredi 17 octobre


This is Pop
 ouvre le punk bal. Vous ne trouvez pas ça un peu paradoxal, vous ? Même après que L (voix) a retiré les couches de vêtements, la musique reste pour moi assez énigmatique, au moins autant que leur Myspace où les membres du groupe se voient affublés d’un masque bestial et d’une initiale. Une voix féminine, un phrasé… Je fais assez vite le parallèle avec la mode des Ting Tings et assimilés sur laquelle l’électro-pop surfe en ce moment. Le passement de micro à l’un des mâles ne m’éclairera pas davantage. Faisant suite au mini de 8 titres sorti en février 2008, un nouvel album serait visiblement en préparation. Avant de faire ses adieux au mini, la fin de la tournée passera par Londres et Hong-Kong… Pas mal !

UK Subs : voilà du punk plus traditionnel, comme on l’entend et comme j’aime surtout. Eh oui ! les clichés ont la dent dure au moins autant que les clous du collier de Charlie Harper, le singer. Plus de 30 ans de punk attitude, ça laisse quelques traces mais on passe outre tellement le son est bon et pêchu ! La tournée d’adieu américaine en 2004 n’est plus qu’un lointain souvenir. Il est bien vrai que le « pub rock » n’est pas bien loin à voir l’état d’ébriété déjà bien avancé de fans ayant fait le déplacement…

« T’es qui toi ? Bah réponds ! » Du grand n’importe quoi, en veux-tu en voilà ? Kabu Ki Buddah, en survêtements bleus et jaunes, en sont les grands vainqueurs dans une harmonie qui leur est propre. Drôles très souvent avec des petites réflexions acerbes comme « nous sommes des petits joueurs car nous n’avons ni guitare ni crête » (mais ils ont un trombone !) ou encore « nous sommes Exploited et nous avons bien changé», ils n’en sont pas moins lourds par moment. Les gars se permettent de traduire l’un de leur titre bien gras avec « ass » à la fin que tout le monde a compris « L’éclipse de mon cul », impertinence qui a pour résultat de continuer à échauffer les esprits. Les morceaux sont courts et heureusement tant certains gestes sont équivoques. Le médiator est plus souvent en bouche au lieu d’effleurer l’instrument. On se doutait déjà que l’instrument était le prolongement de la virilité : ce soir, nous en avons eu la preuve. Ame sensible, s’abstenir !

Les grands perdants de la soirée sont Peter and The Tube Babies, qui ont joué de malchance. Cela commence par un geste sans grande conséquence.
Intrigué, Peter au chant touche la tête pleine de gel d’un vigile. Moue de dégoût : étrange sensation pour lui qui est rasé… Le pire est à venir ! Au trois quart du set, Peter et ses acolytes tentent de nous faire comprendre ce qu’il se passe : « no electricity ». Les musiciens, qui jusque-là nous avaient gratifié d’une bien chouette presta, finissent par s’ennuyer. Et vas-y que pour détendre l’atmosphère, on joue avec les baguettes de Dave, le batteur. Puis, on s’amuse avec la première chose qui tombe sous la main, à savoir du PQ. Le courant ne revenant toujours pas, on s’exhibe… Le public désertant peu à peu le grand chapiteau, j’en fait de même, laissant là le groupe sans connaître le fin mot de l’histoire. Vite, messieurs les techniciens, on attend le retour à la normale pour The Exploited. Suspense : joueront, joueront pas ?

On peut conclure à l’issue du show de Tagada Jones que l’énergie était plus intense qu’à « Rock en Stock » puisque les t-shirts sont tombés. Pour ma part, j’ai beaucoup moins accroché (sûrement que le verre d’eau qui m’a « gentiment » arrosé le visage peu avant y était pour beaucoup dans mon manque d’engouement) et pourtant ces messieurs ont su être galants pour introduire un morceau ! Et voilà des keupons malpolis entrés chez Tagada sans s’être essuyé les pieds au préalable, poussés hors de scène par les techniciens themselves !

Jamais la scène n’avait été autant envahie par le public et les vigiles que pendant The Exploited. Les barrières tremblent, des vêtements pleuvent et nous atterrissent sur le nez, le micro tombe (tout de suite rattrapé ni vu ni connu par Wattie Butchan, premier chanteur à arborer une crête dixit Wikipedia). Il semblerait que les gratteux soient des musiciens frenchies : à vérifier ! La bière est transvasée d’une bouteille en verre à une bouteille en plastique pour ne pas froisser la sécu à qui on a donné des ordres  faire respecter trop scrupuleusement au goût du leader du groupe. Il y a encore pire ! On se sert de mes frêles épaules comme tremplin pour monter sur scène et avoir la joie de slammer. A un tel point que j’ai cru y laisser mes dents ! Résultats des courses le soir même en levant mon pantalon : de beaux bleus ! Et encore, je n’étais que de passage dans la fosse.

Que constater ? Le punk a vieilli et il lui arrive même de se faire violent… Qu’attend la relève pour se manifester ? Ce style musical, revisité à la sauce ska, rock ou autres est-il en voie d’extinction ? L’odeur d’herbe qui plane ne favorise pas ma capacité à raisonner…

Samedi 18 Octobre

Pour ceux qui n’auraient pas réussi à nous mettre la main dessus, HexaLive était en face du petit chapiteau, en compagnie des labels et autres webzines. Alors que ma logique guidait mes pas vers le grand chapiteau, je tombe sur Marie qui m’indique notre emplacement. Sans ce nez-à-nez, j’aurais pas mal tourné en rond ! Pleins de stands à visiter, des allées à arpenter et surtout des concerts à écouter et dont je vous fais part.
Du dehors, ça ressemble à du métal bien bourrin mais c’est en fait la fusion rap/rock de The Latitudz. Je me faufile sous le chapiteau, prends quelques clichés et m’en vais sans trop tarder. Bien qu’éloignée de mon univers musical, si tant est que j’en aie un, c’est une musique qui se laisse écouter.

Ca continue à fusionner sous chapiteau avec Absolute, mélange de rythme funk et de chant hardcore. Les bras écartés Mr Oz et Mr G. se partagent le micro et prennent rapidement possession de la scène. Le djembé à leurs pieds en tant qu’élément de décor a préparé les plus attentifs d’entre nous à accueillir ce groupe bien décapant du 93 à l’image de leurs textes trouvant leur inspiration dans la revendication contre une société frileuse se plaisant à mettre des bâtons dans les roues. Dites, la sortie de l’album, « premier chapitre » de votre carrière, se fait drôlement attendre !

Au tour de Sna-Fu maintenant de surfer sur la vague hardcore en cette date de la tournée « binaire » ! Et je m’interroge toujours sur le «Grand désordre orchestre »… C’est tout ce que j’aime : une totale maîtrise dans le jeu des instrus, l’énergie sans trop en faire… Le nombre de photos parlera pour moi : j’étais toute absorbée par leur prestation de très bonne qualité. Ils n’ont laissé personne insensible. L’attitude face au micro, le bon son, la tenue de scène noire ; je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec Wuizit, semblant emboîter le pas de leurs aînés de peu. Avant son enregistrement en décembre, gardez quelques euros de côté pour vous ruez sur l’opus de Sna-Fu, encore en gestation.
Il n’y a que Mac Lyndon, le chanteur unique en son genre de Stanley Kubi pour demander aux mineurs de reculer. La raison évoquée ? L’alcool va couler à flot ! L’homme au microphone complètement déjanté tient sa promesse quand, un peu avant la fin du concert, il tend des gobelets de rhum au public qui ne se fait pas prier. A ce rythme, chacun aurait remporté haut la main le 50 mètres pour trinquer avec ces zygotos venus d’on ne sait où, qui pourraient croiser la route de Gogol Bordello…

Puis, vient l’heure de deux concerts simultanés. Le concert de R-Wan a lieu en même temps que le show-case de Lula Fortune. Mon choix est vite fait mais les conditions météo et sonores médiocres auront eu raison de mon courage auprès des très talentueux Lula Fortune, tout en émotion et en simplicité. Avec « Coin-coin », je me réchauffe dans le monde merveilleux de Mickey où les batteurs portent une énorme pendule autour du coup et où les chanteurs oublient leur costume de canard et nous demandent de faire comme si… Je résume : R-Wan casquette sur la tête, ex-membre de Java et futur Radio Cortex ?! Y’a de quoi y perdre les pédales ! Non, ce n’est pas ça ? Bah, au moins j’aurai essayé…

Médine. Navrée pour eux mais c’est tout ce que je déteste.

Aqme n’est vraiment pas un exemple à suivre. Thomas moumouté affiche une petite moustache prête à tourner dans l’adaptation de la vie de Mesrine. Une petite tape sur les fesses de Ben au passage ; une 1664 pour Cath et son amie déchainée (qui m’ont assené un tel coup sur la tête que j’en vois encore 36 chandelles) ; un pansement pour le poignet de Charlotte : faites bien le tri dans toutes ces petites attentions. Rooooo ! mais ne faites donc pas la grimace ! C’est pour de rire car vous savez bien que je vous adore et l’attente de la prochaine tournée va me paraître interminable… Voilà mon cri d’amour de l’année : j’espère que vous en avez bien profité !

Pour rééquilibrer la vocation morale de cette soirée, Ez3kiel nous emmène dans un monde magique. Une autre planète de sons prenant la forme d’un théâtre ou du centre de la terre voire de l’apesanteur. Grâce à cette énorme bulle, nouveau joujou du parterre, le voyage musical est complet. Sensible à la voix avant tout, j’avoue que la quasi absence d’émissions en provenance de cordes vocales ne m’a pas manqué tant ils nous subjuguent par leurs drôles d’instruments.

Dans mon souvenir et d’après ce que j’avais pu en entendre, La Phaze était moins reggae et plus électro. La Phaze : c’est du « pungle » ! A la fois derrière le micro, au clavier et à l’harmonica, Damny et ses deux complices assurent le show. « Vous la connaissez celle-là ? », nous demande-t-il. Je me dis, ce doit être « Peine de vie ». Palam palam… Perdu ! Mais ma patience jusqu’à l’ « Assaut final » a été récompensée puisque j’y ai eu droit par la suite.

Deux choses à remarquer : des sets écourtés par rapport aux tournées en cours et une impression qui n’est pas la même selon le lieu depuis lequel on vit le concert. L’ambiance s’en trouve déformée : quand le premier est agité à l’extrême, les gradins sont paisibles. L’opposition n’a jamais été aussi frappante.

Clo’s Song – Crédit photo : Clo’s Song