23 et 24 août 2008 – Ferme du Rock

L’averse de la veille, premier jour du festival, a laissé des traces sur le parking du camping. Je m’y gare prudemment en espérant ne pas avoir à pousser la titine en soirée. Après une fouille au corps (par une demoiselle bénévole, je précise), je suis en place pour Babylon Pression. Il est très exactement 12h50 à l’horloge de la scène principale, heure assez inhabituelle pour un concert.

Samedi 23 août 2008
Matt, la voix, avoue que le groupe n’est pas réveillé. J’aimerais bien savoir ce que ça donne quand ils ont la méga patate ! Leur look est tout propret, à l’image de Ju le guitariste qui a tout du premier de la classe : les chemises blanches sont bien repassées, les cravates noires de sortie, les postures sages et conventionnelles. Reste encore à saluer Roswell à la basse et JB à a batterie. Soudain, le pupitre vole, les gestes se font plus saccadés, les regards presque agressifs. Total hardcore ! La France n’a pas peur, bien au contraire. Elle a hâte que vous soyez cotés en bourse !

Le set fini, je réalise que je n’ai pas de badge. Retour par la case départ pour arriver tout droit au carré VIP ! Ainsi équipée, je prends conscience que le site est littéralement encerclé par les gendarmes : pas moins de 247 ont été réquisitionnés pour encadrer l’événement !! Pas de quoi avoir peur, vraiment…

Les balances se poursuivent sur la scène Découvertes et nos oreilles sont happées par un séduisant « New York, New York ». Du music-hall pensez-vous ? Non, mille fois mieux. Puggy, c’est avant tout la voix captivante à l’extrême de Matthew. Pas étonnant que les Belges aient eu l’honneur de faire la première partie d’Incubus sur leur tournée européenne. Mais il arrive aussi que Ziggy, « le fils spirituel d’Abba », prenne le micro. Rock, groovy, flamenco ou totalement décalé (que venez faire ici le thème de la Famille Adams ?), « I Liiike » tout sans distinction. J’aime un peu moins quand les sirènes de Tagada Jones viennent parasiter mon coup de cœur qui nous demande impuissant de nous cacher ! Une question continue à me tarabuster : qui est donc ce Dubois (so french) ?

Avant l’heure, on savait que ça allait déménager ! Tagada Jones, « c’est ton réveil matin » ! Les punks rennais font bouger un public un peu plus nombreux mais guère matinaux !! Pour preuve, certains avaient gardé leur chapeau haut-de-forme, leur chapeau de cowboy, leur bonnet, leur paire de lunettes noires voire leur pyjama ! Je me fais la réflexion que Niko, chant/guitare et Seb, basse n’ont pas l’air commode mais c’est sans compter l’esquisse discrète d’un sourire. Chacun a pu sentir ce souffle libertaire parcourir la campagne picarde. Pour une nouvelle déferlante de tolérance, il n’y aura pas longtemps à attendre : le 22 septembre prochain par exemple, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album, le sixième et il semblerait bien que ce ne soit pas les dernières nouvelles alarmantes de ce monde. Tic tac tic tac…

Rien de tel que Katia, une jolie chanteuse de « néo-rock » pour apaiser les esprits… ou les retourner. Une Mylène Farmer en mieux car chartraine ! Voici le groupe Blind Deaf & Dumb, en référence aux trois singes représentant le bonheur dans la philosophie chinoise. De quel bonheur parle-t-on parce que côté texte, c’est très sombre ?! « Bloody Night » Celle qui sait jouer de ses beaux yeux a également une belle énergie qui fait vite oublier quelques faussetés. « J’ai l’impression de rêver », vision de bonheur : vous, au pied de la cathédrale pour les 10 ans du groupe… T’en penses quoi Bruno (guitare, clavier) ?

Retour à la grande scène avec Empyr. Sans les avoir jamais vus sur scène, chacun est en mesure de reconnaître la quasi-totalité des membres du groupe pour les avoir vus dans d’autres formations. Est-ce une démarche périlleuse que cet assemblage ? Le mélange des styles, des influences, des provenances rend l’identification incertaine : je suis décontenancée et vite ennuyée. Mais qui sont-ils musicalement ? Les casquettes vissées sur la tête des deux Benoît ne m’aident pas à élucider la question. De plus, la mise en jambes est bien longuette. Les artistes étant peu bavards, peu expansifs, le charisme de Freddy m’aide à patienter. Les fans sont là, drapeau en main, identique à celui de la pochette de l’album « The Peaceful Riot », à savoir une étoile blanche sur fond noir. Il faudra attendre le dernier morceau pour que ça bouge enfin…
Même scène, tout autre scénario. Attention mesdames et messieurs, Fancy fait son entrée et ne compte pas passer inaperçu ! Pour vous dresser le tableau, Jessie Chaton, un trait de maquillage noir sous chaque œil, arrive en tenue noire et blanche moulante flanquée d’un boa dans les mêmes tons. C’est lui qui donne les ordres. Kiss Revival ! Et cette voix haute perchée que chacun aura notée pendant les morceaux mais aussi pendant les intermèdes cocasses. Le côté androgyne du groupe aura raison de l’identité sexuelle du/de la guitariste. Pour ma part, il n’y a pas raison de douter ! Le spectacle est donc tout aussi attractif du côté de Mom qui se fige comme une statue (guitare & chœurs), Rae Mone tout de rouge et noir vêtu (Basse & chœurs) et Antoine (le batteur en bonus). Leurs silhouettes irréprochables ont fait pâlir plus d’une fille ! Ils embarquent tout le monde, même les plus récalcitrants grâce à une énergie parfois bridée par le fil du micro qui se coince. De vrais show men qui prennent leur pied sur scène, au sens propre du terme ! La reprise de «I’m So Excited » tombe à point nommé… Maestro !

Ah ! les costumes ont décidément la cote à la Ferme du Rock. Les membres de Norma Peals arborent fièrement le leur pour nous servir une pop électrique. De ce fait, Nicolas le bassiste en noir se voit harceler par la gente féminine. « A poil ! » En reste, Thibaut au chant, répond : «Chaque chose en son temps ». Profitez-en mesdemoiselles, ils sont ouverts à toute proposition et plus particulièrement à l’achat de leur maxi sorti la veille de leur mise à nu. Une très bonne affaire !

Je laisse le soin à Meeloo de vous parler des Mass Hysteria. J’étais en loge avec Jessie de Fancy pendant la plus grande partie du set mais suis revenue à temps voir des mecs repartir sur des civières ou le nez en sang et pour la photo finale du public.

En voyant le cri de guerre d’avant spectacle des Hushpuppies que j’adore sur leur premier album, je m’attendais à mieux…

Quant à Nada Surf, que dire ? Pour beaucoup, ils ont été plus que décevants… Certains me confieront que les formats radio, c’est bon pour… la radio ! Quelle platitude ! Faut-il la mettre sur le dos de Daniel le bassiste qui s’était blessé au pied et jouait depuis sa chaise ? Ce concert a été sacrément écourté : pas même de rappel ! Quelque chose ne leur a pas plu ? C’était pourtant bien parti avec des réflexions poétiques en français de la part de Matthew : sur les saisons « Combien ont commencé ou fini une relation en automne ? » ; sur le paysage « les toits rouges ne sont qu’imaginaires »… Et puis surtout, tout le monde attendait leur tube en France, à savoir « Popular »… en vain…

Qu’ils font jeunes ces Rhésus et dire qu’ils se trouvent vieux ! Une impression à mettre sur le compte de leur actualité. Simon le bassiste est absent pour cause de paternité et Laura (basse) et Aurélien (voix, guitare) souhaitent le féliciter en live en lui laissant une trace de leur passage à la Ferme du Rock… sur son répondeur ! Ce qui est sûr c’est que ceux que j’avais laissé avec « Sad Disco » ont fait un beau bout de chemin indé.

Malgré le froid, le duo Thiéfaine/Personne m’a plus interpellée qu’aux Zarbs. J’ai pris le temps d’écouter les textes très évocateurs et les explications embrouillées de Thiéfaine avant de m’en aller comme j’étais venue…

Clo’s Song


Mass Hysteria ou le mouvement éternel…

Envie de se défouler ? Un coup de Mass, Hue cocotte, à la ferme du Rock…
Envie de suer ? Un coup de Mass et perd les eaux…

Envie de s’alarmer ? Un coup de Mass sonnerie…
Envie de Headbang ? Un coup de Mass tiff…
Envie de folie ? Un coup de Mass toc…
Envie de fête ? Un coup de Mass sacre…
Envie de Bon tout court ? Un coup de Mass sage…

Bref, la boue n’arrête pas le Mass Hysteria Syndrôme.

Hushpuppies ou le Full Contact…

Allo !!! Allo ???? Alloooo ????? Mais qu’est ce qu’il se passe….J’entend rien, c’est qui au bout du fil ? vhfuhvbhduuèrr_gvvtrt(t…eugvbrtru(hvbveytt…ruuu hey hey yeah !!!
Non, décidément le son du micro est trop bas pour mes oreilles accouphènes…
Tant pis, je comprendrais pas les paroles… Anyway !!!
J’apprécie, tout de même, le jeu de scène de ces messieurs…En 3 secondes, je les regarde l’un après l’autre et constate qu’ils ont tous leur « Own Pop Touch »…
Affaire à suivre…

Meeloo

Dimanche 24 août

Subway ou l’Opaline

Fabuleuses, élégantes et sensuelles…Frissonnantes, éclatantes, timides et
naturelles….Excellentes, véritables et poétiques…Une image se forme ,…. je vis leurs mots,…. je vîs leurs maux,…. J’ai vu leurs maux, je vécu leurs mots…L’Errance répétée fabuleuse, élégante et sensuelle…frissonnante, éclatante, timide et naturelle…Excellente, véritable et poétique.. L’attente latente d’une prochaine fois… me stress.

Sling 69 ou la guerilla

Ils ont le mérite de me sortir de ma rêverie…Une bombe explose !!! BOUM….
Le chanteur hurle mais avec maîtrise….Ils sautent dans tous les sens, avec maîtrise..
Bref, joli découverte pour ceux qui aime ce style….Mike Patton ….attention la relève arrive !!!

Process ou l’horizon

Alors là…Métal ou pas…Pour ceux qui n’aime pas le métal, c’est oui, oui c’est du gros son….Pour ceux qui adore , c’est non non, c’est de la chanson.
J’en déduis donc que ce groupe compose de l’entre deux…Pour ma part, je vous avoue que ça m’est égal. Le principal c’est l’accroche….ou la croche ?

Meeloo


Après la visite de Senlis sous un soleil voilé, je file m’abriter des gouttes de pluie dans le McDo le plus proche. Là, je tombe sur de grands gaillards qui parlent anglais. Je ne m’en doute pas sur le moment mais je viens de rencontrer The Batallion au complet ! Me voilà parée pour un nouveau jour d’expédition à la Ferme.


Ed-äke
, ce fut bon mais court. Comme si la pluie ne suffisait pas, une avalanche de molards vient s’abattre sur la scène. Et pourtant, les champions toute catégorie, c’est bel et bien Aqme ! Un set si court que la séance-photos totalement inopinée made in country qu’on propose au groupe semble tomber à pic pour déverser leur trop-plein d’énergie. C’est qu’ils en avaient encore sous le capot… du tracteur ! C’est que Dym a fière allure en Mr l’épouvantail…

Par la suite, se succèderont, le son punk-hardcore de Sling 69 avec Johann le guitariste qui sourit tout le temps et Jérémie (chant/guitare) qui avait très envie de rencontrer ses fans au stand merchandising ; le rock mélancoliquement féminin de Subway qui se prêtera gentiment à la pose jeepesque ; le métal sûr des normands de Process qui tourne depuis dix ans et mérite grandement qu’on s’y arrête.

Ils cachaient bien leur jeu les membres de The Batallion, tout timides derrière le comptoir ! C’est un tout autre visage que les Norvégiens nous montrent sur scène. Et quels poseurs, surtout le guitariste Lust Kilman (le brun !) et le bassiste Colt Kane (le blond !) qui jouent avec délectation de leur chevelure. La forme atypique de la guitare de Lust est très efficace sur scène et il s’en accommode parfaitement. Malgré sa boule à zéro, Morden le batteur n’est pas en reste dans cette démonstration de force et de paraître. Pas de grosse surprise cependant au niveau du son death métal entre tradition et répétition. Très attachants, ils n’hésiteront pas à frayer avec la population locale à l’issue de leur prestation, à l’image de Stud Bronson (chant et guitare).

Pour Kill The Young, ne vous déplaise, je préfère en rester à l’écoute du premier album éponyme sorti en 2005. Je ne reconnais pas la voix. La mue a-t-elle opéré chez Tom ?

Niflheim fait un peu office d’OVNI dans la programmation du festival, non pas tant pour le style musical métissé (métal, folk, lyrique, etc.) mais par son utilisation du costume. Attendez voir… Il y avait un indien, une elfe, une fée, un pirate, deux chevaliers et deux troubadours. Mais dans quelle(s) époque(s) nous projettent-ils donc ? Entre l’ambiance taverne, l’ambiance sylvestre en compagnie des trolls dans la forêt de Brocéliande, l’ambiance médiévale d’une forge, on traverse au gré des commentaires truculents d’Oror (chant) avec plaisir les mondes et els époques.

Amateurs de braveheart, circle pit (même petit) et autres slams, c’est en compagnie de Watcha
que vous avez pu vous en donner à cœur joie ! Des titres comme « Bogeyman », la désormais célèbre histoire de « Sam », le refrain facile à chanter de « One for the money »… Le charisme d’El Butcho, l’homme aux magic dreads est impressionnant. Notons au passage que c’est la seconde fois en deux jours qu’on voit Fred sur scène. Jey le bassiste aura sa minute de gloire quand le public de la Ferme du Rock lui souhaitera son 34e anniversaire. Autre événement que le groupe fêtera bientôt : le dixième anniversaire de la sortie de leur premier album éponyme. Big Up ! Leur cinquième album « Falling by the wayside» est en vente partout. El Butcho qui s’empare d’un reflex pendant le set viendra ensuite poser des questions au staff photo, en toute simplicité. Un vrai amour… « Jusqu’au jour où la presse s’empara de l’histoire et c’est la gloire »…
Pendant The Elderberries, la pluie s’abat sur le site. A l’abri de la tente, ne me parvient que voix et mélodie. Je suis alors persuadée qu’il y a une fille et un mec au chant. Erreur ! Les différentes intonations du britannique Chris m’auront égarée…

En ce qui concerne Eths, pas de doute, la voix c’est celle de Candice alors que le constat pourrait être plus périlleux… Je prends mon courage à deux mains et je me retrouve seule dans la fosse aux photographes, ce qui n’est malheureusement pas un gage de réussite… J’ai enfin vu de mes yeux vu comment cette voix effrayante pouvait sortit d’un frêle corps habillé d’un costume d’écolière ! Performance unique en soi…

Mon appareil photo dont la batterie a rendu l’âme est soigneusement rangé dans mon sac pendant Aqme, dont je ne compte plus les concerts auxquels j’ai assisté… Ca tombe bien, je vais pouvoir profiter à fond du spectacle qui m’est offert. Et quel spectacle que cette gadoue party énervée ! Thomas est d’ailleurs particulièrement en forme. Est-ce l’heure tardive qui est propice aux révélations d’ordre olfactif ? « C’est fou, même sous la pluie je pue ! Tu trouves pas ? », demande-t-ile n approchant son aisselle du premier rang. « Ca sent l’homme ! », entend-on lui répondre. Et Thomas de chambrer Ben et ses interludes musicaux douteux. A vrai dire, les conditions sont loin d’être top. Thomas nous informe qu’il y a deux centimètres d’eau sur la scène, ce qui ne l’empêche pas, lui et Charlotte, de s’y allonger comme si de rien n’était. Et Thomas d’énumérer les groupes passés avant eux pendant le festival qu’il apprécie. L’humour le plus raffiné de l’homme au micro est de sortie : « Mass Hysteria, c’est des cons ! Oooooohh ! C’est une blagounette : on part avec eux au CANADA. » Moi, j’ai la bonne réponse : trois fois ! J’ai gagné quoi ? J’ai gagné quoi ?

Merci à Nathalie et Bruno pour cette folle aventure musicale et rurale. Quelle que soit la météo prévue l’année prochaine, j’aurai envie de répondre présente !

Clo’s Song – Crédit photo : Clo’s Song – Meeloo