La phaze la boule noire

26 mai 2008 – La Phaze à la Boule Noire

Allez, c’est pas encore les soldes mais on vous refait un petit deux pour le prix d’une ! En effet, ce n’est pas une, mais deux chroniques de La Phaze à la Boule Noire qu’il vous est donné de lire ici. Vous pourrez pas dire après que vous êtes pas gâtés !


Et d’une !

19h. Arrivée à Barbès Rochechouart, après une journée « bibliothèque » c’est avec impatience que j’attend La Phaze pour me défouler un peu ce soir ! Les concerts vus il y a trois ans m’avaient laissé un très bon souvenir. La pluie est au rendez-vous et devant moi : une file d’attente longue, longue, longue… Mais fausse alerte, elle est pour la Cigale qui accueille Camille ce soir ! Pour la Boule Noire, l’entrée est plus rapide, et il est appréciable d’investir assez rapidement les locaux.
Après une heure et quart d’attente, La Phaze entre en scène. Malgré « un public d’amis qui n’applaudit pas » (dixit : le guitariste), il y a du répondant de la part de l’assistance dès les premières notes.
Un set efficace émaillé de quelques anciens morceaux( « nouveau défi », « assaut final » et « rude boy » notamment) ne laissent pas de place au repos : le corps bouge tout seul et ne peut que suivre les rythmes qu’on lui propose. Certains titres s’annoncent comme des coups de poing, en tête « Peine de vie » et « La cause », avec en featuring la rappeuse marseillaise Keny Arkana (elle n’était pas là ce soir), très efficace sur scène.
Malheureusement, l’accordéon cassé nous empêche de découvrir « la langue » extrait de leur nouvel album.

Les chansons prennent toute leur ampleur en live, la force des paroles est décuplée par la puissance vocale du chant et l’énergie dégagée par les autres membres du groupe. La Phaze crée une ambiance conviviale, et Damny arrive à calmer ceux qui ne respectent pas l’esprit de fête qui s’est mis en place.

Entre rock des 80’s reboosté (la batterie rappelle la boîte à rythme des Bérurier Noir, influence revendiquée) , reggae, techno, la musique de La Phaze a le potentiel de faire bouger et rassembler les foules (des ados aux « jeunes » adultes!), et à la Boule Noire il a été bien exploité. Une heure trop courte, on en redemande et le rendez-vous pris pour d’autres dates ! DJ Zebra prenait la suite des festivités, mais l’heure du départ avait sonné !

Leur actualité concert est bien remplie, faites un tour sur leurs sites et laissez-vous emporter dans cette voie engagée et cette musique engageante.

Evy

 


Et de deux !

Au programme ce soir, deux premières :
1) La Boule Noire où je n’avais encore jamais mis les pieds.
2) Pas de bières ce soir, si possible… Quoi l’intention est là non ??
J’arrive à l’heure, 19h30 devant la ‘tite salle que personne ne voit à cause de la Cigale à côté d’où une file interminable se déroule.

Entrons plutôt (non ce n’est pas l’ami de Mickey…LCDLP).
Présentation : capacité 200 personnes, tu entres, descends quelques marches. Mon œil averti repère de suite le bar sur ma droite. Je passe ma route. (Si si j’vous jure.)
De chaque côté de la salle qui est tout en longueur, des bancs où chacun est vautré à sa façon en attendant qu’ça commence.

Et je me jette sur un de ces bancs, et… j’attends. Longtemps. Mais ils savent faire patienter ici, la musique qui passe me chatouille l’oreille gentiment. Max Romeo, les Dead Kennedys, les Clash, et tout plein de trucs sympas comme ça. Même sans bière ça le fait. Du coup 21h arrive pas si lentement que ça.
Et les voilà. Un batteur qui a du être punkifié, un grand machin qui attrape une guitare customisée La Phaze, et un lutin hirsute avec crête timide. Respectivement Rouzman, Arnaud et Damny. Les voilà qui entament un préchauffage à la tournée qui attend ces punglistes (mi-punk, mi-jungle…) comme ils se nomment eux-même. J’avoue que c’est bien trouvé. Bref.

Arrrrrghh je me rappelle plus du morceau avec lequel ils ont commencé… Devil King ? Le Chant des Bombes ? Mais il sortait tout droit de Miracle, donc le dernier né.
Soyons francs. J’ai l’album depuis sa sortie, et je suis déjà conquise par ces mecs là que j’ai découvert, enceinte de 7 mois au festival du coin : le Furia. En 2005. Pas si vieux que ça. J’ai adoré Fin de Cycle. Je kiffe Miracle.
Explication par illustration live.

Donc suis calée contre la barrière tout devant. Les morceaux de Miracle vont défiler et mon plaisir va être sans limite. De Miracle (peut-être bien par celui là qu’ils ont commencé, chais plus) à Little Face, morceau estival entraînant façon dub (que j’aime écouter à fond…), en passant par le Chant des Bombes qui explose avec profusion de son, mais aussi Devil Game qui t’attrape les tripes d’abord avec la guitare et te les retourne ensuite avec force électro… ’Tite originalité virtuelle : la Cause, avec Keny Arkana qui chante mais qui n’est pas là, donc. C’est beau le progrès. Et pis Roof on Fire, qui junglise à mort.
Côté son, on est carrément bien servi, et je ne résiste pas à me lancer dans un de ces petits déhanchés de métalleuse dont moi seule ai le secret.

Si en plus, t’as écouté l’album avant de venir, et que tu connais les textes par cœur (ben oui je fais pas les choses à moitié, encore moins quand j’suis accrochée…), alors tu te croirais revenu à l’époque où on écrivait encore des textes engagés, et qu’on les servait avec une conviction qui ne pouvait qu’engrainer à la cause. Et là, ben tu chantes. Tu peux pas faire autrement quand tu te sens concerné par les trucs, et que tu penses de la même façon… Sauf que toi, t’as jamais su l’écrire. Ils ont l’air d’être là pour ça aussi. (La Cause)
Politique, gros sous, euthanasie, immigration…

Clairement des punks dans l’esprit. Pas de doute. Ils me font penser aux Bérus. D’ailleurs Vivre Libre ou Mourir façon La Phaze est pas mal du tout… (voir le Manifeste Electronique, reprises des bérus par la scène électro… excellent…)
Des bérus de notre ère… avec la MAO en plus quoi. Et ils en font bon usage les lascars ! Batterie traditionnelle, guitare électrique et console. Fallait en faire quelque chose. Ils en ont fait de la (ou du) Pungle… Mortel. Y a encore des mecs capables de sortir du militant remuant et juste.

Bon allez je m’arrête là, je pourrais y passer la nuit sinon. Ah oui, ils ont évidemment servi un ‘ti peu de Fin de Cycle aussi. Mais on le connaît déjà celui-là, et on savait bien que sur scène ça rendait déjà fort fou…

Pungle chez vous.

Milie – Crédit photo : Milie