Funde Bruit de Melun

28 et 29 juin 2008 – Le Bruit de Melun

Arrivée bien avant l’ouverture des portes du stade Paul Fischer de Melun (77), j’ai tout loisir pour observer les arts de la rue représentés sur les stands et ateliers : graffs, sculptures utilisant des bombes de peinture et des K7 comme matériau… C’est aussi l’occasion de découvrir la première et plus petite des trois scènes.

Samedi 28 juin 2008

Trop fainéante pour sortir mon appareil, Les Chats Rues, le groupe lançant les festivités fera les frais de ma flemme !
A peine un mois s’est écoulé depuis Les Invités en live. Le set se trouve écourté tout comme le capital capillaire de certains membres. On ne manquera pas de constater qu’ils sont gênés par les balances de la grande scène. Pas normal ça…

Attention à la confusion maintenant : un groupe en cache un autre… Chemempa est plus reggae/ska que punk (Chépa) ! Yohanna à la flûte est l’atout charme de cette formation.

Sur la grande scène, James Deano a beau être « Le Fils du commissaire », il n’a pas pour autant réussi à susciter mon intérêt…

Au suivant donc ! Mais c’est qui ce « one man » ? Thomas VDB ! Aussitôt le rap éteint en face, le show commence sans plus attendre avec une sacrée énergie. Pas facile cependant d’accrocher le public par des sketches même si ceux-ci remontent aux origines de la passion de l’artiste pour le rock. Il essaie courageusement de soulever les foules en partageant son expérience et ses souvenirs de journaliste musical. « Qu’est-ce qui n’est pas du rock ? » Les réponses peinent à fuser.

Autre question. La voix de Daniel Darc est-elle volontairement inaudible ? A vous d’en juger en live. Elle est loin l’époque des Taxi Girl et de « Cherchez le garçon » qui clôt le set…

Après nous avoir offert quelques titres, Fundé rend hommage à des hommes incarcérés rencontrés la veille. Rien d’étonnant pour ses adeptes de la vie en communauté. Qui a demandé une double ration de soleil ? Les tee-shirts jaunes nous en mettent plein la vue. Et en plus, y’a d’la dread qui vole ! Music, love & sun…

Thomas Dutronc est le chevalier blanc du début de soirée. Sa voix de dandy nonchalant nous rappelle Jacques. Il est accompagné de sa guitare manouchement jazzy. Que rapporte-t-il d’autre de sa roulotte ? Commençons par la maraca en forme de banane utilisée préalablement comme téléphone pour apprendre… un licenciement ! Celui qui « aime plus Paris » (sauf quand les demoiselles commencent à se dénuder !) manifeste son mécontentement envers la société actuelle en faisant s’envoler des billets par pleines poignées. La référence à Gainsbarre est évidente. Il y a aussi du Dario Moreno en lui, surtout sous son sombrero rouge. Il n’a rien oublié de sa panoplie : il peut enfin se détendre sur des airs bien connus comme « L’Eté indien » de Dassin revu selon lui…

Dym d’Ed-äke rencontré plus tôt dans l’après-midi m’autorise à shooter pendant tout le set. La veinarde ! L’énergie est au rendez-vous-même si un spectateur trouve le début un peu mou. Il se dégonfle quand Dym lui demande de le rejoindre sur scène s’il connaît les paroles. De le sueur, il y en aura. A mesure que l’encre du sticker « Rock is not dead » s’efface sur la basse de Julien, le chanteur s’effeuille : grosses lunettes en plastique rouge, bandana dans les cheveux, veste laissant voir un T-shirt Led Zeppelin… J’adore toujours autant le lever très synchro de guitares !

Depuis les coulisses, Cali ne voit rien de ce qui se prépare dans le public. Avant son arrivée, il y a une distribution de ballons de baudruche que les jeunes filles du premier rang ont du mal à gonfler. Allez, du nerf ! il arrive ! C’est un avant-goût de la fête d’anniversaire pour ses 40 ans qui l’attend mais y’a un show à assurer avant, hein Bruno ?! « Oh oh oh » de « 1000 cœurs debout » au porte-voix, Cali ne tient pas en place. Alors, « C’est quand le bonheur » ? Bah, ce soir, au Bruit de Melun !

Dimanche 29 juin

Pas besoin de venir avant l’heure pour voir Copernic : ils ne passent qu’à 15h20. Plus que la veille, la chaleur fait partie de la fête ! Le système anti-malaise est déclenché. Les tuyaux au-dessus de la grille diffusent un filet d’eau rafraichissant… J’ai le temps de constater que la fresque de graffs est quasiment finie et elle a fière allure. Les quatre membres du groupe nous permettent d’entrer en douceur dans la programmation du jour qui s’annonce pour le moins éclectique. Pour le moment, c’est du trip hop avec la paisible voix de Régina et Yann, le très concentré guitariste.

Le contraste est notable avec Alexx & Mooonshiners qui leur succède. Alexx au chant ne lésine pas sur l’énergie : elle donne tout pour son public, bientôt envoûté par sa voix bluesiment puissante. La complicité qui existe au sein du groupe (David à la basse, Lionel à la guitare et Aurélie à la batterie) transpire sur scène et guide le public vers un rock entraînant. J’avais d’ailleurs déjà eu le plaisir de croiser Aurélie avec le groupe Transpher. Pas de prise de tête (à l’image de la chanteuse venue en tongs), rien que du plaisir pur !

Madame de Montespan signe le retour des Men In Black sous un soleil de plomb. Impossible, ils sont quatre ! Inspiration d’un autre temps pour ceux qui rendent un screamo « Hommage à Lully ». Saluons aussi la trouvaille pseudoïstique : Donatien de la Coudray (voix), Louis Seraphin Dumonde (guitare), Louis-Victor de Mortebel (batterie) et Ignace III d’Hancarville (basse). Mieux vaut passer incognito lorsqu’on officie dans d’autres groupes… Le rythme est soutenu, les rayons du roi soleil ardents : difficile de cadrer tout cette cour de flatteurs dans mon petit écran. L’instru d’Eric en porte la marque : c’est un « vendu ». Tchekhov disait : « Qui ne sait pas être serviteur ne pourrait être maître. »

S’en suit alors une apparition divine. On a réservé la grande scène rien que pour eux : l’adorable
duo de Cocoon. Mark entre en s’excusant de porter des lunettes de soleil. « Ça fait un peu le gars qui se la pète mais là je vois rien ! » Rassure-toi l’ami, un artiste qui nous consacre autant de temps n’a certainement pas le melon ! Cet intermède oculaire nous permet d’apercevoir sur scène un zoo d’un genre nouveau. C’est un vrai élevage de mini-pandas et autres mammifères en peluche vivant sur les pieds de micro et tête de guitare. L’insolation me guette à l’issue de leur prestation. Melun : laissez le charme agir ! On arrive presque à accueillir avec délectation « Cliffhanger », la triste histoire de cet alpiniste. Il faut bien avouer que le play-boy et la poupée de porcelaine sont beaux et en plus ils chantent et jouent comme des dieux : c’est délicatement divin !

Il n’y a pas que la folk qui sait être raccord. Le pare-chocs arrière d’un véhicule immatriculé « Smokin’ Fuzz » est en parfaite harmonie avec les dreads blondes d’Alban le clavier. En plus de son micro, Emily a dégainé borsalino noir et cravate à damiers pour une prestation dynamique et festive !
Merci au Bruit de Melun qui signe mes réconciliations avec Luke. Pas mécontente qu’ils aient ré-atterri. Le contact avec le public est plus que cordial : « Vous êtes majeures au moins ? » Pour toute réponse : un fier « Non ! ». « Parce qu’on a pas l’habitude. Va falloir pogotter ! Debout dans les gradins ! » Devant le peu de réactions : « Les concerts ça sert à créer du lien social. Je sais, les filles, vous avez peur de perdre votre place : allez, pogo !». Ils ont été parfaits en tout point et n’ont rien perdu de leur talent. Pas merci en revanche d’avoir préféré la finale de foot dans les loges aux interviews…

Les chanteuses plutôt blondes sont à l’honneur depuis le début de l’après-midi et encore une dernière fois avec Cindy des Olympic Dragons. Le public ne s’y trompe pas et entonne le refrain facile à retenir « ah ah ah ah » de « Crazy Nerds». Le début d’une reconnaissance bien méritée pour ce trio du nord de la Seine-et-Marne…

C’est un Adrien perle à l’oreille, plus mûr qui créé l’hystérie, entre autres. Les trois « B » étincelants des BB Brunes semblent menacées par le ciel qui s’assombrit. Les fausses notes n’y sont pour rien j’espère. Un chanteur qui a mûri mais pas au point de poser avec les trois autres après le concert. Oui, oui, oh surprise ! ils sont bien 4 sur scène. N’en déplaise aux fans venues en masse, je ne connaissais pas l’existence de Berald. Il faut bien dire qu’on a en tête trois silhouettes : celles d’Adrien, Félix à la guitare et Karim à la batterie. C’est la faute à la pochette de leur album « Blonde comme moi » d’abord !

En ce qui concerne Svinkels, j’avoue n’avoir rien compris à ce qui se passait sur scène. Des fans n’arrêtaient pas de scander leur nom et moi, j’étais de plus en plus perplexe. Suis-je passée à côté de la prestation ? A confirmer d’urgence à Paris Plage !

Le dernier accessoire n’a pas pu vous échapper : le gilet d’homme, bien sûr ! Avec Babylon Circus, on pense vraiment que c’est reparti pour un tour. Quel étonnant duo de « lead singers » : Manuel très statique et David bondissant qui s’attendait à voir un public fatigué. Il n’en est rien ! « De la musique et du bruit » est l’occasion de participer au spectacle. « On se partage le job. Nous on s’occupe de la musique et on compte sur vous pour vous occuper du reste. On garde le tempo et on aimerait vous entendre gueuler à l’autre bout du monde ! Ca va tout déchirer ! »  Je crois que la palme du dynamisme leur revient sans contestation possible ex-æquo avec les spectateurs !

Ca ne peut pas être le dernier groupe, pas tout de suite… Fiesta !

Clo’s Song – Crédit photo : Clo’s Song