29 novembre 2008 – Bal des Damnés à MLC-La Citrouille (Cesson)

Jugeant que 18h30 est un peu tôt pour moi, j’arrive seule à la salle de Cesson (77). Je me hâte car cette hypothermie du samedi soir ferait pâlir le plus téméraire des Travolta. Bien qu’ayant manqué Hyperrion, le premier groupe à ouvrir le Bal des Damnés, je les entends depuis l’extérieur de la Citrouille.

Bulle de pensée : pourvu qu’elle se transforme en carrosse avec à son bord, un prince charmant ! Parmi les petits ilots de la MLC et en moins de temps qu’il n’en faut, j’ai fait le tour du proprio : secrétariat, loges et cafétéria où ça hume bon la pizza.
C’est Thanatos de Melun (à ne pas confondre avec les métalleux hollandais du même nom) qui me souhaite la bienvenue. Après « Queen », le premier titre, à l’instar de Schmielden (basse et chant), ils veulent libérer leur colère : une petite colère alors ! Même pas peur !! Alors, les membres s’adoucissent et nous proposent une chose unique : le premier slow en death métal. Puis, suivent des phrase éculées mais loin d’être fausses du genre : « Ne gâchez pas votre vie ! » et « Ne rêvez pas votre vie, vivez vos rêves ! ». Tripant puisqu’à la suite de ça, les cris de Kiko (guitare et chant) et Schmielden, en provenance de la partie sombre de leurs entrailles, se répondent. Un passage en ces mêmes lieux il y a dix ans et on a ses petites habitudes. Fanou menace de couper le son mais le pouvoir de la bière est le plus fort. Hein, « les trasheurs, vous aimez quoi ? ». Donc, évidemment qu’il y a des métalleux, quelle question ! L’évidence pointée, on peut apprécier les solos de guitare bien sympas de Raoul, le fils capillaire des ZZ Top. La reprise survitaminée de « Lullaby » des Cure me décontenance au moins autant que le lancer de cheveux bruns/blonds total synchro de la guitare et de la basse. Terminons par un peu de « Sex » : « Toi, la petite brune au fond, tu viendras me rejoindre backstage » sonne le fabriqué. Une fausseté bien vite estompée par un beau moment de complicité avec des jeunes du premier rang.

La fête continue par la bande-annonce d’un film de guerre. L’entrée de T.A.N.K est ainsi annoncée. Une longue préparation pour Clément le batteur, le signe des grands. Cette impression ne sera d’ailleurs pas démentie. Pendant ce temps, je scrute tout ce qui se passe dans les loges par le truchement d’un miroir. Raf derrière le micro, celui qui s’accroupit et boit souvent pour retrouver son souffle, présente « Destination », une collaboration avec Zuul de Zuul FX, à écouter sur www.myspace.com/tgmetal. « TG comme ? – Ta Gueule ! ». Voilà, ce n’est plus à dire. Dès les premiers morceaux, l’écart se creuse entre les agités de la fosse et les attentifs plus en retrait. Dans mon dos, j’entends des jeunes filles qui échangent leurs impressions : « Il est sensas RAF ! » pour sa plastique ou sa technique de chant ? « Celle-là, elle s’appelle waaaaaaaaa ! ». Euh, moi pas comprendre… T.A.N.K, un groupe maudit ? A part la chute du larfeuilles, non, vraiment, je ne vois pas… Ca se passe plutôt bien. Pendant « The Day After », Clem se met debout pour voir Fab d’Hewitt se prendre de l’eau dans la tronche ! La rapidité d’exécution des notes est proprement hallucinante. Sous le choc, ma photographe de voisine s’écroule ; je me réfugie sur scène devant les amplis pour ne pas être bousculée à mon tour par les pogotteurs. Les bouchons d’oreilles à tige rigide (la première fois que j’en vois des pareils) sont plus qu’utiles en cet instant précis. Raf a encore la force de demander que chacun fasse le signe de ralliement rock pour clôturer le pas.

A voir les six membres de Sarkazein en piste, je me dis qu’avec deux chanteurs, ils vont être deux fois plus crevés, surtout quand Maya, le second chanteur se plaint : « je me sens tout nu sans ma casquette » ! Voyez par vous-même leur cruauté… Pendant que Manu, le bassiste de Pandore demande les accords à Flo le guitariste, Clément se retrouve à nouveau derrière son engin. Pas de pitié pour les batteurs ! Le groupe de Jicid (leader vocal) peut compter sur un public de fans, parfois un peu trop envahissants. Fallait s’y attendre quand on chante « plus près de toi… » ! « Maintenant, j’veux des meufs devant : pas de la sueur mais du parfum ! » jusqu’à ce que l’anniv de Rico le gratteux, fêté à grands renforts de serpentins, attire toute l’attention. La surprise finale, c’est une reprise de « Davidian » de Machine Head avec Raf. En fait, deux voix voire trois, c’est plus de force !

Et le moment que les régisseurs attendent depuis cet aprèm : les balances interminables de Keidola. L’Ave Maria lance le début des hostilités. Seb, guitariste de Madame de Montespan se joindra au quatuor. Je vais faire ma chieuse mais mon objectif a détesté vos lumières ! L’autre Clément de la soirée, nous l’appellerons Clapiotte a dû batailler sec avec un problème de micro persistant. Danser la tecktonik ? Refus général ! Bertos qui slamait sans sa guitare sur dix convives pendant les sets précédents est encore très en forme sur scène. Il propose même de se battre avec les voisins pour obtenir la permission de minuit. Après les remerciements dans les deux sens pour les organisateurs O.D. (batterie) et Clément, je reste celle que j’étais. La magie n’a pas opéré…

Pas besoin de chercher bien loin (contrairement à l’admirable intitulé) pour réunir des groupes de potes autour d’une date métal. C’est à votre portée ! Alors, qu’attendez-vous pour la deuxième édition ?

Clo’s Song – Crédit photo : Clo’s Song