31 janvier 2009 – Hushpuppies et Broken Box à l’Empreinte

Pas facile d’accéder à l’intérieur de la salle de l’Empreinte (Savigny, 77) où des amis m’attendent, ce samedi 31 janvier. Prévoyants, je les envierai presque d’avoir réservé leur place. On perd vite les bonnes habitudes pendant la trêve hivernale. Prenons donc notre mal en patience et attendons, seule, que se dissipe la file de ceux qui s’étaient décidés bien tardivement à venir se réchauffer avec le groupe perpignanais.
Je ne suis pas encore venue à bout de la queue quand se font entendre les premières notes de Broken Box. Amateur de paradoxe, ce trio est pour vous : « On continue avec le discontinu ». Le « Macadam cowboy » dévoile une voix chaude qui donne envie de se lover confortablement à l’abri des regards. Un titre suffit à annoncer la couleur : « Karma, héroïne et dissonances ». « Vous êtes en forme ce soir ! » Oui, étant donné qu’il fallait compter sur de jeunes hystériques, accros à la déco des toilettes. Leurs attentes semblent être les mêmes que celles de Sarah la chanteuse : « je veux de l’amour et de l’argent ». L’artiste plus terre-à-terre souhaite renouveler son matériel informatique, pour commencer… Puis, sans crier gare, le plafond me paraît démesurément haut. D’où me vient cette impression ? De la guitare levée, de l’envol des textes empreints de mélancolie ? Sarah a raison de se la péter pendant son changement de guitare parce que le jeu de scène d’Hervé à la basse et Franck à la batterie manque un peu d’entrain. Le final avec « Pour cette fois » est scéniquement moins violent que les mots lancés comme autant de munitions : kalashnikov/perestroika… détruire/reconstruire…

HP qui ne veut pas du tout dire HushPuppies de là d’où je viens, m’avait laissé un goût bien amer à la Ferme du Rock, l’été dernier. Les voici donc près de chez moi. Pourquoi s’en priver ? En les boycottant, ce sont mes regrets qui auraient été amers. Les cinq membres nous gratifient de plus des deux tiers du premier album « The Trap » pour le plus grand ravissement des petites et des grandes. I « say yeah ! ». En effet, plus vraiment besoin de défendre « Silence is golden » le suivant quand le troisième est en préparation. Face aux sollicitations pressantes du premier rang, Olivier au chant est obligé de préciser deux points : « c’est juste pas possible : je ne suis pas gay et comme le stipule « 1975 », j’ai plus de trente ans ». Une énergie sur scène qui n’a pas laissé insensibles les « pretty girls » à qui Olivier ne manque pas de dédier le titre « Marthelot ‘n’ Clavencine ». A défaut d’être venus avec assez de copains dans le RER D qui fonctionne, le voyage vers Vienne se fera par la voie des airs. Le tintement de la cloche alpine ramène un temps les musiciens sur terre pour repartir aussi sec en slam aux mains baladeuses. De retour sur scène, d’autres mains agrippent le slim blanc. Et comme elles n’en ont jamais assez, les groupies montent sur scène pour bisouter à qui mieux-mieux leur étincelant prince charmant. Celui-ci s’en trouve tout troublé : sa voix tremble. Cette technique effectuée, face au clavier équipé d’un scalp de poupée, vaut ce qu’elle vaut mais elle a eu le mérite de nous fait danser pendant cette excellente soirée. Faites à nouveau appel à la bonne fée qui veillait sur le berceau de votre premier opus !

Me doutant que je n’aurai pas droit à ma petite « Comptine » pour faire de beaux rêves, je reviendrai, soyez-en sûrs…

Clo’s Song – Crédit photo : Clo’s Song