Aqme (j’y crois, j’y crois pas)

J’y crois / J’y crois pas

« Hérésie », le titre du dernier album s’y prêtait. Alors, allons-y !

Clo’s Song : Est-ce que, comme Saint-Thomas, vous ne croyez que ce que vous voyez ?
(Benjamin) Moi, je suis comme Saint-Thomas.
(Charlotte) Je suis un peu comme ça aussi.
(Thomas) Non, moi pas du tout. Je pense que c’est comme ça qu’on a de l’espoir et des rêves. Sinon, autant se tirer une balle dans la tête.

Clo’s Song : Etes-vous croyants ?
(Thomas) Ouais, je crois en moi.
(Charlotte) On croit tous en quelque chose.

Clo’s Song : La religion du moi, la religion Aqme… (rires)
(Benjamin) C’est pas mal !
(Charlotte) Oh, la vache !
(Thomas) Je sais pas.

Clo’s Song : Bon, je reviendrai…
(Thomas) Je ne suis pas à proprement dit croyant. C’est à ce moment-là que je crois en moi.
(Benjamin) Je suis assez superstitieux…
(Etienne) Je trouve que la superstition ça va plus à l’encontre de la question sur Saint-Thomas. Tu ne crois pas ce que tu vois puisque c’es de la superstition. C’est pas compliqué. Allez mon gars, fais marcher tes neurones.
(Benjamin) Je ne peux pas affirmer quelque chose tant que je n’en suis pas sûr.
(Thomas) Mais comment tu sais que ne pas mettre ton passe dans ta poche à un concert…
(Benjamin) Parce qu’une fois, je ne l’ai pas mis, ça m’a éclaté.
(Thomas) Ouais…
(Etienne) Moi je dirais même on ne croit pas toujours ce qu’on voit.
(Benjamin) Non, c’est plus des habitudes.
(Etienne) Pas mal de textes de Thomas parlent de ça. Excuse-moi Thomas je vais parler pour toi.
(Thomas) Vas-y, vas-y, moi je suis en train d’enlever mon bracelet.
(Etienne) Y’a pas mal de textes de Thomas qui parlent de la poudre aux yeux qu’on essaie de vous faire avaler dans les médias etc. Effectivement, on ne croit pas toujours ce qu’on voit et on essaie peut-être parfois de vérifier ce qu’on nous donne comme informations. C’est pas mal, non ?
(Thomas) Plutôt pas mal.
(Etienne) Je connais mieux les paroles que toi en fait.

[Etienne nous quitte pour les balances.]

Clo’s Song : Croyez-vous à l’Enfer ?
(Thomas) Ouais, on y vit. Je pense que l’Enfer ce n’est pas forcément un truc avec des flammes et des mecs tout rouges qui nous donnent des coups de pique dans le cul. C’est peut-être plutôt ce que nous on fait de notre monde et donc oui a priori, je crois en l’enfer et c’est nous qui le fabriquons.

Clo’s Song : Etes-vous parfois naïfs, prêts à tout croire ?
(Charlotte) Moi oui. (rires)
(Thomas) C’était quoi le truc qu’on t’a fait croire une fois ? Ah si, que je sortais avec une L5. Moi j’aime les gens naïfs en tout cas. Ca m’arrive d’être un peu naïf des fois sur certains sujets pas sur tout mais des fois je peux être naïf. Moi ouais, je ne sais pas si je suis naïf ou pas. C’est toujours difficile de répondre. Je ne sais pas, peut-être… Si des fois, par passivité, on peut être naïf.

Clo’s Song : Il y a naïf et simplet, attention !
(Thomas) Ah ouais, je suis plus près de Simplet. (rires)

Clo’s Song : Qui est Prof, Grincheux… ?
(Benjamin) On sait qui est simplet en tout cas.
(Charlotte) Prof c’est Etienne quand même.

Clo’s Song : Ce sont les lunettes qui te font dire cela ?
(Charlotte) Non, parce qu’il est relou !

Clo’s Song : A quoi avez-vous besoin de croire pour avancer dans la vie ?
(Thomas) Bah alors les gens, putain dis donc… Bah, on croit complètement en nous, on est super motivés. On fait quelque chose qu’on aime et du coup, on se donne la peine. On croit en nous, ouais.
(Benjamin) Moi, j’ai besoin de croire que les choses avancent et que je suis en train de m’améliorer dans ce que je fais. J’ai toujours besoin de croire ça. Sinon c’est vrai que si je n’arrive plus à croire en cela, ça me démotive un peu.

Clo’s Song : Croyez-vous plus dans le succès d’Aqme ou dans celui des projets musicaux parallèles ? Désolée Charlotte, à moins qu’il y ait un projet en préparation…
(Charlotte) Oui mais non je pense que c’est Aqme qui passe en priorité. Et puis, même si les autres projets parallèles prennent un succès différent ou une tournure différente ce n’est pas grave, on continue quoiqu’il arrive.
(Benjamin) La priorité c’est de faire des bons disques. On pourra peut-être faire un disque merdique avec Die on Monday et avoir un single qui marche dessus ou Vicky Vale un nouveau disque pas bien (parce que le premier est bien, faut l’acheter !) et avoir un single qui fonctionne. Le premier but c’est de faire de la qualité et la priorité c’est ça. C’est que l’album soit qualitatif que ce soit Aqme ou les autres projets.

Clo’s Song : La tournée Aqme est longue, elle n’est pas encore terminée. Cela veut dire que vous allez enchainer ensuite avec les autres tournées ?
(Benjamin) C’est dur à mettre en place. Moi j’espère arriver à le faire avec Die on Monday. Parce que je ne sais pas faire autre chose, alors faut que je fasse ça. C’est mon truc d’être dans ça. Il y en a qui savent fabriquer des maisons, moi je sais faire des riffs. Mais je le fais pas mal !

Clo’s Song : Croyez-vous en vous ? Avez-vous en confiance en vous ? Etes-vous sûr de vous : sur scène, en dehors de la scène ?
(Thomas) Ah si sur scène, par contre ouais.
(Charlotte) Sur scène, il n’y a pas de souci mais…
(Thomas) Un pied sur la scène…
(Benjamin) Sur scène, de toute façon, il n’y a pas le choix : il faut être sûr de soi, peu importe qui il y a dans l’arène… C’est toi le patron et si tu ne crois pas en ça, il faut tout de suite redescendre. Après, en dehors, je pense qu’on est tous assez sûrs de nous mais la confiance en soi c’est toujours sur un fil. Il suffit toujours d’un élément ou d’un grain de sable et tu peux ne plus avoir confiance en toi d’un instant à l’autre. Moi je vois ça comme ça.
(Charlotte) Moi, je n’ai pas du tout confiance en moi en dehors.

Clo’s Song : Tu veux dire que tu es timide ?
(Charlotte) Un petit peu, c’est peut-être pour ça. J’ai toujours besoin d’être rassurée dans ce que je fais sinon je n’oserai pas faire des choses.
(Thomas) Moi, je ne suis pas forcément très confiant mais justement c’est ce qui me permet aussi de me donner la peine. Je suis un peu acharné. Si je sais que je n’arriverai pas à faire quelque chose, je me fais chier pour réussir à le faire. Je ne fais pas grand-chose mais quand je le fais, j’essaie de le faire bien et de le prendre bien.

Clo’s Song : Croyez-vous en votre bonne étoile ? Avez-vous des superstitions ? Des grigris sur scène ? (rires)
(Benjamin) A fond ! Avec Aqme, on a quand même eu beaucoup de chance. On a fait des trucs quand même assez incroyables et ça continue et je ne peux pas dire que je ne crois pas en ma bonne étoile après les trucs qu’on a vécus. Après aussi, on s’est donné les moyens, on a taffé et tout mais il y a aussi une part de chance. Je suis obligé de me sentir heureux par rapport à tout ce qu’on a vécu. Après, je suis très superstitieux. C’est venu avec le temps, je ne l’étais pas avant et maintenant, c’est une catastrophe.

Clo’s Song : Par exemple ?
(Benjamin) Tout.

Clo’s Song : Tout ? Là, les murs rouges te plaisent ?
(Benjamin) Non, ce n’est pas ça. C’est narcissique, c’est autour de moi. C’est les chaussures que je porte, à quel moment. Ca, c’est celles de concert. D’ailleurs, je ne devrais pas les porter là mais comme je ne les ai pas lacées, ça va à peu près. Et mon passe, il faut qu’il soit dans la poche arrière. Il faut que le médiateur avec lequel je vais jouer en balances, je fasse le concert avec. Euh, qu’est-ce qu’il a d’autre ? Ah j’ai un truc attaché à mon ampli aussi, un bracelet : faut pas l’enlever. Voilà. J’en ai encore une ou deux.

Clo’s Song : C’est très lié à la scène.
(Benjamin) Pour les albums, j’en ai un peu mais discrètement.
(Charlotte) Moi, je sais que par exemple je me maquille parce que déjà ça me déstresse et puis c’est un petit rituel : se préparer, se détendre et tout. Après s’échauffer et puis jouer aussi. Ah si, je suis obligée de me laver les cheveux avant un concert. Je suis obligée d’avoir les cheveux propres. Je sais que c’est nul mais…
(Thomas) Moi, c’est l’inverse. Il faut que j’aie les cheveux sales.
(Ben) Moi aussi. (rires)
(Thomas) Si, je déteste avoir les cheveux propres sur scène, ça colle. Sinon, pas vraiment de grigris : je m’échauffe une heure avant de monter sur scène, j’aime bien être zen, qu’il n’y ait personne… Avant les concerts, il y a une heure à nous, même pas. On est tous les quatre aux quatre coins de la pièce où on fait chacun notre truc. C’est tout, pas de grigris. Si, j’ai toujours le même pantalon, les mêmes chaussures. C’est juste des questions de pratique. Dans ce pantalon bien moulant…

Clo’s Song : Croyez-vous que 2008 soit votre année ?
(Thomas) Moi, je ne trouve pas. Ce n’est pas notre année alors que pourtant on a fait un super album. Je pense que ce n’est pas l’année de la musique en tout cas.
Clo’s Song : L’année n’est pas finie…
Franchement, s’il y a un gros changement, je vais vraiment être surpris. Je pense que ça va même plutôt aller de mal en pis mais écoute, j’aimerais être optimiste comme toi. Je pense que non ce n’est pas l’année de la musique et que ça ne va pas aller en s’arrangeant. Les salles ont moins de sub, nous on vend moins d’albums, ça télécharge à gogo, les gens ont moins de thunes pour venir en concert donc on est les premiers touchés comme on ne remplit pas les Zénith. Quand il te manque 2 000 personnes dans un Zénith, ce n’est pas très grave. Quand il te manque 200 personnes dans une salle de 500, ça fait un peu mal.

Clo’s Song : Hier, le public était au rendez-vous.
(Thomas) Oui mais ce n’est pas pareil, ce sont des Belges. Clairement, en France on est le pays qui télécharge le plus et c’est les plus gros branleurs du monde, faut bien le dire ! On fait ce qu’on veut, on en fait qu’à notre tête et on ne veut pas comprendre que la musique ce n’est pas gratuit. C’est pas parce qu’il y en a partout dans les pubs et dans chaque série que c’est quelque chose de gratuit et que ça ne coûte rien à faire. Nous, on s’est donnés les moyens d’aller en Suède, on a un label, il y a des gens qui travaillent sur la promo. Il se passe des choses tu vois. Donc tous ces gens-là, il faut qu’ils vivent. Quand t’achètes un disque, tu l’achètes peut-être 15 euros ou 20 euros parce qu’il faut que tu payes le mec qui s’occupe de la promo, les musiciens, le mec qui a enregistré le disque.

Clo’s Song : Les maillons de la chaine…
(Thomas) Ouais, tout le monde quoi.

Clo’s Song : Donc, le public belge est plus respectueux du travail fourni.
(Thomas) Ouais mais il est très rock’n roll aussi. Il sait comment supporter les groupes, soutenir pardon.

Clo’s Song : Quel est le paradis terrestre auquel vous croyez ?
(Benjamin) Tokyo, j’adore. J’y suis allé parce que j’ai un copain d’enfance qui habite là-bas. J’y suis allé deux fois et c’est vrai que c’est sympa.

Clo’s Song : Pourquoi pas une mini-tournée au Japon ?
(Benjamin) On essaie mais je crois qu’à ce niveau-là on est le groupe le moins bien encadré pour l’export. On n’arrive pas trop à bouger du Benelux mais bon, on va bien y arriver un jour. On ne va peut-être pas commencé par Tokyo. Si déjà on allait en Allemagne, en Italie… On est en train de bosser là-dessus mais…
(Charlotte) C’est plus chez mes parents en fait : à côté de Fontainebleau, Orléans… En fait, à chaque fois que j’ai un petit peu de temps, je vais là-bas, c’est vraiment la campagne. Ca fait du bien de se reposer, de ne pas entendre de voitures, pas de pollution, tout ça. C’est super agréable. Et Belle-Ile aussi, Belle-Ile j’adore. Je pensais un peu que c’était un truc de beaufs mais en fait non, pas du tout. J’y suis allée et c’est paradisiaque. C’est très joli.

Clo’s Song : Pour une communion avec la nature, c’est plutôt pas mal…
(Thomas) Je suis antinature moi. Moi, c’est Barbès. Le bordel, l’urine, les putes, les junkies…
(Charlotte) Les touffes de cheveux par terre…
(Thomas) Les bouteilles qui se cassent à 4h du matin, les épiceries ouvertes 24h/24. Moi j’aime le bordel, ouais. En même temps, je suis au 5e étage du bordel. Il suffit que je sois de l’autre côté de l’appartement, je ne les entends plus et j’ai accès sur le jardin donc c’est calme et quand je suis de l’autre côté c’est re le bordel. Ca sent bien la beuh des fois.

Clo’s Song : Croyez-vous en vos rêves ? Quels sont-ils ? A l’instar de Lara Fabian pouvez-vous dire  « J’y crois encore » ? (rires)
(Charlotte) Moi, je crois que c’est bien d’avoir des rêves, des envies. Après, si tu peux les réaliser, c’est encore mieux. Je sais que j’essaie de réagir un peu comme ça, de me fixer des objectifs et de me dire : « T’as qu’une vie. T’as envie de quoi aujourd’hui ? ». Et je me mets pas de limites même si parfois il faudrait. Je pense que ça sert à rien de se restreindre et de se dire « Ah bah non, putain ! Qu’est-ce que les gens vont dire ? ». Tu t’en fous : tu le fais pour toi et les gens que tu aimes. C’est important de se faire plaisir dans la vie de tous les jours. Tu ne peux pas te dire : « Ah merde, j’aurais dû le faire… ». Comme un grand écrivain le disait, un grand chanteur, non un grand poète : « Si n’existe pas ».
(Thomas) Du 18e !

Clo’s Song : Je ne vois pas de qui tu parles… (rires)
(Charlotte) Thomas Thirion ! De dire, je regrette d’avoir fait ça, j’ai trop vécu tout ça et je ne veux plus. J’ai vraiment envie de faire ce que j’ai envie et de ne pas me restreindre.

Clo’s Song : Vous croyez-vous parfois en vacances en exécutant votre métier ?
(Benjamin) Quand on est en train d’enregistrer en Suède et qu’il y a des jours où on n’enregistre pas, c’est quand même bien des vacances, ouais.
(Charlotte) Oui mais quand on est en tournée, on n’a pas le temps de visiter…
(Benjamin) En tournée, c’est en travail ! Et puis, on est souvent dans les zones industrielles. C’est cool parce le concert, c’est quand même souvent du plaisir mais le reste de la journée, on attend. La route c’est un peu chiant. On en rigole mais c’est un taff cool quand même mais ce n’est pas des vacances. On se doit de faire un concert correct donc il faut qu’on soit en bon état. Pas bourrés, pas trop fatigués.

Clo’s Song : Croyez-vous en l’amour désintéressé ?
(Benjamin) Ah oui, complètement.
(Thomas) Moi je n’y crois pas. On est toujours intéressé par quelque chose, ne serait-ce que l’amour de l’autre. Donc du coup, je ne pense pas que ce soit forcément de l’argent ou n’importe quoi. Je pense que c’est juste que tu veux l’amour de l’autre. C’est pas désintéressé complètement. Donner sans demander à recevoir…
(Charlotte) Ouais, je suis assez d’accord.
(Benjamin) Moi, « j’y crois encore »…
(Thomas) Bravo !

Clo’s Song : Croyez-vous en vos chances aux Victoires de la Musique, un jour ?
(Thomas) Pas du tout !
(Benjamin) Les Victoires de la Musique, c’est un peu une mascarade montée par les maisons de disques et donc en fait, ce sera toujours que des gens médiocres qui gagneront. Etant donné qu’on  n’est pas en major, on ne gagnera pas. Donc, je n’y crois pas du tout.
(Thomas) On ne peut même pas être sélectionnés pour être nominés. Ce n’est pas possible. Y’a que les Kaolin qui ont quand même réussi un petit peu. Par contre, le truc qui me fait vraiment chier c’est que, dans les Victoires de la Musique, même si c’est vrai que c’est complètement une mascarade, y’a pas une catégorie « métal » ou rock un peu dur. C’est pop-rock et Miossec, désolé, non. C’est chanson.
(Charlotte) La prestation de Dionysos, elle était vraiment pas mal.
(Thomas) Ouais, vraiment bien mais ce n’est pas pop-rock. Avec Superbus, y’avait quoi ? Et c’est Superbus qui a gagné au final.

Clo’s Song : Mais les mentalités changent. Regardez qui va nous représenter à l’Eurovision.
(Thomas) Ah, c’est Tellier ! Quelle merde, ce mec ! On est un pays de merde. Allez, je vais aller boire une bière. Je vais aller me calmer un peu. On est dans un pays de merde et de cons !
Clo’s Song : Ah non, reviens j’ai besoin de toi justement… Croyez-vous en vos mots ?
(Thomas) Ah oui, souvent les mots sont des maux aussi. Oui, même si au fur et à mesure du temps, tu évolues et que tu ne penses pas forcément ce que tu pensais il y a quelques années, « j’y crois encore ». (rires)
(Charlotte) Il ne reste plus que moi à le dire.

Clo’s Song : Tu es peut-être moins noir qu’au départ…
(Thomas) Je trouve beaucoup plus. Avant, c’était centré sur moi-même, donc c’était mes petits problèmes. Là, c’est devenu je crois des problèmes plus globaux, beaucoup plus gros.

Clo’s Song : Oui, plus engagé…
(Thomas) Je pense que l’avenir de l’homme est aujourd’hui anéanti. On ne survivra pas. Si ce n’est pas notre génération, ce sera la prochaine. Je pense qu’il y aura la fin du monde  d’une manière ou d’une autre. Que ce soit une guerre mondiale ou une catastrophe écologique. C’est vrai que c’est pas joyeux mais si on n’en est pas conscients et si on ne fait pas quelque chose. Si on ne se remue pas plus le cul, plutôt que d’essayer de garder notre petit confort, ça va se passer. Il y a un moment où il faut aussi ouvrir les yeux, prendre conscience de ce qui se passe autour de nous et plutôt que de nous fusiller les uns les autres et de fusiller tout ce qu’il y a autour de nous, essayer de faire quelque chose de bien.
(Charlotte) Les gens sont trop égoïstes aussi.
(Thomas) Parce qu’ils n’ont pas le choix non plus. Aujourd’hui, il faut que t’arrive à vivre et t’es obligé de penser à ta gueule. C’est pour ça que des bons cocktails Molokov à l’Elysée… Les cailleras, si vous voulez brûler des voitures, brûlez les voitures de l’Elysée !

Clo’s Song : Pourquoi « les cailleras » ?
(Thomas) Parce que c’est souvent de l’Elysée que viennent les problèmes. C’est rarement les mecs du 16e qui se bougent. Quand ils se bougent, ils commencent à avoir de longs cheveux et des lunettes noires et ils vont à l’Eurovision ! Ou alors ils font du rap versaillais complètement chiant et abruti… Et masqués en plus !
(Benjamin) Pas de noms !
(Thomas) Pas de nom ! Trous du cul, va !! Bip… Pardon… Allez, prochaine question !

Clo’s Song : Croyez-vous en l’efficacité d’Internet en matière de diffusion artistique ? Myspace, Facebook, forums, etc.
(Benjamin) Il faut bien y croire sinon…
(Thomas) Pour le coup, la diffusion ça marche super bien !
(Charlotte) Y’a trop d’infos… Les gens se perdent et ils ne savent plus après.
(Thomas) On est un peu assistés et nous, à l’époque, on allait un peu chercher les disques dans les bacs. Du coup, tu vois, tu prenais des risques et tu achetais ton CD à 80 balles ou 100 balles. J’aime bien aussi mais c’est un peu quitte ou double. Par compte, maintenant je vais un peu écouter sur le net et si ça me plaît, je vais direct acheter le CD. Si ça me plaît un petit peu, je regarde à combien il est et puis, si ça me plaît pas, je ne l’achète pas. Maintenant j’ai moins dans ma CDthèque des CD où je fais « Oh non, c’est quoi ce truc-là ? J’ai encore écouté, c’est vraiment pas terrible en fait !».
(Benjamin) Mais tu ne l’as pas payé !
(Thomas) Ouais, heureusement. Aujourd’hui, on a tellement d’informations que c’est vraiment compliqué et on devient super assistés. Ce n’est pas seulement dans la musique. Y’a tellement d’informations que t’as même pas à piocher : tu prends le truc que t’as à côté de toi. Tu ne vas pas aller chercher ce qui se passe dans le fond. Et souvent ce qui se passe dans le fond qui est le plus intéressant… Les trucs les plus téléchargés au final, ça reste quand même les plus grosses tares. Même si nous, on en chie aussi parce qu’on est téléchargé. C’est pareil, c’est une histoire de pourcentage. C’est que Madonna, quand elle perd 100 000 disques, elle s’en branle. Mais quand nous, on en perd 20 000, ça fait un peu mal.

Clo’s Song : D’ailleurs, comment vous partagez-vous les tâches à ce niveau ?
(Thomas) Moi, je m’occupe du Myspace et Benjamin et Etienne plutôt du site. Et Charlotte s’occupe plutôt de tout ce qui est manucure, pédicure… T’as vu un peu ?

Clo’s Song : Il manque une petite couche de vernis tout de même…
(Thomas) C’est parce que je me ronge un peu les ongles pour l’interview mais après elle me met le vernis. Tu n’oublieras pas ma chérie, hein ?

Clo’s Song : Croyez-vous au Père Noël ?
(Thomas) Ouais.
(Benjamin) Non, on me l’a dit quand j’avais 6 ans.
(Thomas) Je ne crois pas au Père Noël comme étant une espèce de gros bonhomme rouge avec une barbe blanche et un logo Coca-Cola dans le dos. Je crois plus en fait, à une intention. Moi, le Père Noël, c’est une intention. C’est enfin le fameux amour donné sans attente de recevoir. C’est le seul moment de l’année et encore, même pas…

Clo’s Song : …aux extraterrestres ?
(Thomas) Je crois aux extraterrestres et aux trucs un peu bizarres.

Clo’s Song : Du genre paranormal et autre ?
(Thomas) Pas les Autrichiens, par exemple. Bah voilà ! Est-ce que parfois la réalité n’est finalement pas beaucoup plus horrible que tous ces trucs ? Que des petits bonhommes verts ou des bonhommes dans les bois ?
(Charlotte) Arrête, putain… Il paraît qu’il y a la dame blanche qui est passée sur la nationale… C’est pour ça qu’on est obligé d’aller voir des films qui font peur…

Clo’s Song : « The Eye », le dernier en date ?
(Thomas) Il était nul : il ne faut pas essayer de refaire des trucs japonais. Laissez-les tranquilles ! Leur cinéma, il est vachement bien… Faire des remakes, ça ne marche pas.

Clo’s Song : Croyez-vous en l’incroyable ?
(Thomas) Déjà, cite-moi un truc incroyable.
(Charlotte) Cette émission-là… « Fear Factor » !
(Thomas) Ils te balancent une araignée sur le visage… dans un bocal…
(Charlotte) Moi, j’aurais pas pu ! C’est incroyable, ce qu’ils faisaient.

Clo’s Song : Le saut à l’élastique, pour toi, c’est incroyable ?
(Charlotte) Je ne le ferai jamais de ma vie. Je ne pourrais pas…

Clo’s Song : Tu disais pourtant être fonceuse !
(Thomas) Non mais elle fonce sur le canapé !

Clo’s Song : Verdict : il faut que ce soit confortable quand même…
(Thomas) et vert ! Benjamin lui avait balancé un petit insecte qui ne ressemblait à rien, qui avait l’air plutôt cool et quand elle l’a posé, il était là, il l’attendait. L’autre «Aaaaaaahhhhhhhh », elle a pris le verre, elle lui a foutu dans la gueule. Moi, je trouve incroyable que George Bush soit passé une deuxième fois. Donc oui, je crois en l’incroyable.
Clo’s Song : Et pour les élections américaines ?
(Thomas) Obama ? Alors là, pour le coup, ce serait vraiment incroyable !
(Benjamin) Un noir avec une grosse blonde.
(Thomas) Sinon, c’est sûrement McKain qui va gagner quand même…

[Charlotte et Benjamin nous quittent pour les balances.]

Clo’s Song : De ces 3 verbes à la conjugaison irrégulière, lequel préfères-tu : boire, croire ou voir ?
(Thomas) J’hésite entre le premier et le dernier. Je crois que c’est plutôt « voir » : je suis très voyeur. Pourtant, je suis très buveur aussi mais non ce serait plutôt « voir ». En fait j’étais graphiste avant et je pense que je ne regarde pas forcément les choses de la même manière. J’y porte peut-être plus d’analyse, je regarde plus les courbes et comment ça marche et quels dessins ça peut faire…

Clo’s Song : Tu as sûrement dû jeter un œil aux graffs à l’entrée ?
(Thomas) Ouais mais ça c’est presque trop facile. Je préfère regarder le haut du plafond avec les ombres qui font un dégradé du rouge foncé au rouge clair. C’est plus cool qu’un graff ou qu’une affiche. Tu vois, par exemple je regardais cette affiche toute à l’heure (la pochette du dernier album des Rita Mitsouko) pas très jolie même si j’aime bien le groupe. Mais ouais, donc « voir ».

Clo’s Song : Crois-tu en l’intérêt de cette interview ?
(Thomas) Je ne sais pas. J’y ai pris du plaisir donc j’espère que les gens qui la liront, ça les fera marrer et qu’il se passera quelque chose dans leur tête… Au moins, ils auront une réaction plutôt que de continuer à vivre tranquillement. Ca les fera nous détester mais au moins, ils feront quelque chose.

Clo’s Song : Bien, merci à toi.
(Thomas) merci à toi. (rires)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *