Manu

Dans la chaleur douillette d’un appartement parisien, nous entamons une interview façon « café-biscuits » avec une vraie star de la pop bien de chez nous, Manu … et oui, nous aussi on a des icones pop … non mais !

Hexalive : Bonjour Manu, pour commencer, pour ceux qui ne connaissent pas ton parcours, comment pourrais-tu présenter MANU, sans te définir comme Ex-Dolly ?

Manu : Dolly ferra toujours partie de ma vie, alors on peut peut-être parler d’un nouveau départ, de quelqu’un qui a été dans une bulle pendant 15 ans, qui se rend compte qu’elle peu faire des choses toute seule. Donc Manu, musicienne passionnée qui a retrouvé le goût de faire de la musique.
H : Il y a eu un blocage pour toi suite au départ de Mika ?

Manu : C’est-à-dire que j’ai échangé, relativisé beaucoup et il se passe des choses dans la vie qui font que l’écriture devient automatique.
H : Est-ce que passer d’une structure de groupe à un projet personnel a changé quelque chose dans ta manière de composer ?

Manu : Oui c’est complètement différent, on ne peut plus se reposer sur les autres. Les doutes, on les garde pour soi et il faut savoir se rassurer soi même. Personnellement ça m’a donné plus de confiance en moi. La démarche de cet album est simple, c’est une année d’écriture seule avec ma guitare sans avoir l’objectif de faire un album, donc beaucoup de liberté et aucune pudeur, car ce n’était pas fait dans le but d’être publié ensuite. Puis il y a le fait d’assumer, de rendre ces morceaux publics et de les partager avec les gens.
H : Et du fait, Tu en as profité pour avoir une approche des textes plus personnelle …

Manu : Tout à fait, ces morceaux n’existeraient pas si Dolly avait continué d’exister, si Mika n’était pas parti … mais il y a aussi le contenu qui est très chargé et c’est difficilement imposable à un groupe, du moins à un groupe tel que moi je le conçois, dans lequel chacun doit donner son avis et où tout le monde doit s’y retrouver. Ces textes sont tellement intimes qu’ils ne peuvent être défendus que par moi seule.
H : Pour l’heure, quel accueil a pu recevoir « Rendez-vous » de la part du public.

Manu : Pour certains ce sont des retrouvailles, c’est donc agréable, ça m’a fait plaisir de revoir ces bonnes bouilles et c’était même émouvant au début. Et puis il ya les gens qui découvrent … en tout cas les témoignages que j’ai eu l’occasion de recueillir sont positifs. Et ce qui m’a fait du bien a été de savoir que j’étais attendue.
H : Est-ce que tu as eu peur que les gens fassent le rapprochement avec Dolly ? Est-ce que ça te pesait ?

Manu : Ca ne me pesait pas mais je ne voulais pas m’en servir au départ, pas parce que je reniais Dolly du tout mais parce que je ne voulais pas me servir du décès de Mika et de l’arrêt de Dolly comme un argument. Mais je suis très fière de Dolly, j’ai même envie que les gens qui me découvrent maintenant découvrent aussi ce qu’a été Dolly. Autrement, je pense qu’on ne peut pas les empêcher de stipuler « Ex-Dolly », ne serait-ce que comme un repère et je pense que ça va aller en s’amenuisant parce que j’ai bien l’intention de faire d’autres albums.
H : Pour entrer dans le détail il me semble que c’est à partir de « Goodbye » que tu as créé cet album …

Manu : Oui, le texte n’existait pas encore, il était en anglais, je l’ai écrit la semaine qui a suivi le départ de Mika car je voulais écrire une chanson à ce sujet, puis il y en a eu une autre et il s’est passé des choses qui ont fait que j’ai eu envie d’écrire par besoin sans objectif d’album, comme un exutoire. C’est parti de là et puis au bout d’un an j’ai fait écouter à Nico qui m’a dit que je tenais là un album. Mais je n’étais pas prête et puis les chansons tournaient toutes autour du même thème … et je voulais sortir un album positif. Du coup, nous avons travaillé avec Nico, nous avons retrouvé nos automatismes. Il ya donc deux périodes, une première année, un peu difficile et une deuxième année où ça allait mieux, où ma vie changeait et encore une fois, je voulais vraiment beaucoup de positif dans cet album. Cet album c’est des instantanés de ces deux années là.


H : Un texte en japonais … ça mérite des explications …

Manu : Je ne parle pas japonais du tout, c’est Suzuka, une amie qui m’a écrit le texte, je lui ai donné le thème c’est tout. Je me suis rendu compte que tout ce que j’affectionnais hors musique était lié au Japon, comme les jeux vidéo ou les films d’animation. C’est notamment avec le film, « le royaume des chats » du studio créé par Miyasaki, où à la fin du film il y a une chanson que j’adore chanter à ma façon, en phonétique. Et comme je pouvais le faire pour cette chanson, je pouvais le faire pour une chanson de l’album. Ce qui est drôle, c’est que nous avons été invité au salon Japan Expo car nous avions une chanson en japonais, nous étions le seul groupe français à jouer et nous étions les seuls à chanter en japonais, les autres groupes eux japonais, chantaient en anglais …


H : C’est Davis Salsedo qui t’a fait passer le cap du français ?

Manu : Non, c’est Jean Fauque qui m’a débloqué au départ avec un titre qui n’est finalement pas sorti mais qui m’a montré que ça pouvait bien sonner. Puis David est venu par la suite, car je manquais de pratique et j’avais besoin d’aide pour l’écriture des titres du premier album : je n’étais pas encore en confiance. C’est venu avec le deuxième album où j’ai tout écrit.
H : Pourquoi avoir créé un label, pour l’indépendance ?

Manu : En fait je n’avais pas le choix car je voulais qu’il sorte vite cet album et à l’heure actuelle il n’existerait pas encore si j’avais attendu auprès d’un label. Et puis c’était un projet tellement personnel que je ne me voyais pas démarcher les labels avec mes petites maquettes sous le bras. C’est vrai que j’ai envie de le faire exister par la suite, il y a plein de groupes que j’aime bien et j’ai peur qu’ils s’essoufflent, s’ils ne trouvent pas de moyens d’exister.
H : Et rejouer du Dolly sur le long terme tu vois ça comment ?

Manu : Je ne m’interdis rien du tout, je n’en ai pas l’envie là, parce que je préfère jouer ce que je fais maintenant. On fait d’ailleurs un morceau de Dolly sur scène qui n’est pas connu. Par contre je peux imaginer un rappel en 2009, à la guitare acoustique par exemple … si je sens que les gens en ont envie.


H : Et pour finir parlons un peu du livret …

Manu : Oui ! Je suis tombée amoureuse d’un dessin de Lost Fish. Je me suis renseignée, je l’ai contactée et au départ je lui ai proposé de me dessiner pour une affiche car je n’avais pas encore l’album. J’ai tellement aimé son travail qu’elle s’est occupée de tout le livret par la suite. C’est comme ça qu’est né ce petit personnage que j’aimerais bien animer par la suite …

Interview réalisée par Williams

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