Subway

Subway

HexaLive : Alors première question, celle qu’on a du vous poser un millier de fois déjà. Pourquoi « Subway » ?

Sarah : Pour le métro, qui représentait le truc le plus urbain possible pour nous qui venions d’un coin reculé de France, l’antithèse de ce qu’on vivait tous les jours.

HexaLive : Qui fait quoi et qui vient d’où ?

Samantha : Batterie qui vient de Marvejols (en Lozère)
Rachel : Basse (Marvejols aussi)
Sarah : Guitare (idem)
Amandine : Chant guitare (qui vient de Lyon)

HexaLive : Comment s’est formé le groupe ?

Sarah : Toujours à Marvejols, sur les bancs public lors des longues après-midi du mercredi, on s’ennuyait ferme!… Puis il y a eu le « déclencheur »: un concert d’Indochine qui nous a scotché (on avait 13 ans), le lendemain on montait le groupe! Amandine est arrivée des années plus tard, au départ de Séverine, notre première chanteuse.

HexaLive :  Quelle est votre formation musicale ? Avez-vous joué dans d’autres groupes avant Subway?

Sarah : Subway est notre premier groupe (à part pour Amandine qui a joué dans quelques formations Lyonnaises avant de nous rejoindre), et nous nous sommes formé sur le tas, en repiquant des morceaux à droite à gauche, en jouant avec d’autres groupes, sans oublier les heures de flûtes en cours de musique au collège!
Seule Samantha a suivi des cours de batterie pendant plusieurs années.

HexaLive : Est-ce que ça a été un choix délibéré d’être un groupe uniquement féminin ou bien ça s’est fait comme ça ? Les remarques style « girls band » se sont-elles tues ou les ignares continuent d’enfoncer le clou?

Sarah : Ce n’était pas un choix au départ puisque c’est avant tout un groupe de copines du collège, quand on cherchait quelqu’un pour le chant, on proposait naturellement à nos copines sans se dire « il faut absolument une fille! ». C’est les remarques qui sont arrivées plus tard: « ho un groupe de filles! » qui nous on fait réaliser cela. On ne se voit pas comme un groupe de filles, mais comme un groupe de rock, c’est tout. On s’est toujours « mesuré » ou comparé à des groupes de mecs d’ailleurs sans faire valoir notre statut de fille. Mais la plupart des gens se charge de nous le rappeler! lol

HexaLive :  Quelles sont vos références, les artistes/groupes que vous placez au-dessus de tout?

Amandine : Mes amis sont ceux que j’admire le plus, je suis si fière d’eux, puis dans le désordre, The Kills, Yeah Yeah Yeah’s, David Bowie, Arcade Fire, Interpol, Nick Cave, Joy Division, Patti Smith, The Doors, Siouxsie, Noir Désir, Alain Bashung, Dominique A., Romain Humeau, Bjork, Brigitte Fontaine, Les Rita Mitsouko, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, PJ Harvey, Patsy Cline, Nina Simone, Venus, Janis Joplin, Elliot Smith, Jeff Buckley, Radiohead, Tom Yorke, Shannon Wright, Chopin, Marianne Faithfull, Skunk Anansie, K’sChoice.
J’aimerais qu’il y ait un festival avec une affiche comme celle-ci, je crois que j’en pleurerais !

HexaLive :  Trois mots pour décrire votre musique ?

Amandine : Poétique, intranquille, vivante !

HexaLive :  On vous compare souvent à Eiffel : influence réelle ou bien raccourci des médias ?

Amandine : Influence réelle, j’ai beaucoup écouté Eiffel et beaucoup lu aussi, je suis très attachée aux textes de Romain Humeau : de la poésie pure, à mes yeux l’une des meilleures plumes contemporaines, alors pour une fois le raccourci est un compliment que nous prenons comme tel !

HexaLive :  Les avez-vous déjà rencontrés ?

Amandine : J’avais croisé Romain à un concert d’Eiffel en 2007 à Marseille, nous avions échangé quelques mots, j’avais l’impression de rencontrer un roc, une montagne, je sais que nos chemins musicaux se recroiseront un jour, il y a des gens comme ça…

HexaLive :  La formation de l’album : Quel a été le processus d’écriture ? (qui a écrit, qui a composé.)

Amandine : Le reste de la formation préparait un album lors de mon arrivée en 2005, j’avais également des morceaux à proposer, nous avons mis tout ça en commun, pour ne garder au final que des « nouveautés ». J’ai dit aux filles « plus j’en fait, mieux je me porte ! », et nous étions heureuses comme ça, j’ai écrit tous les textes de l’album, sauf Catégories de gens de Benjamin Peurey, ami et auteur d’Elista. Ensuite, tu amènes une base, puis le travail de composition s’enrichit à quatre, les morceaux se transforment et se finalisent ainsi.

HexaLive :  Pourquoi « L’intranquille » comme titre d’album ?

Amandine : Parce que les chiens ne font pas des chats ! Je me rappelle du jour où on a trouvé le titre tout le monde était partant sans discuter, c’est un titre fort et essentiel qui parle de lui-même, pour moi, pour nous.

HexaLive :  Restez-vous dans une bulle créatrice ou bien, au contraire, laissez-vous entrer des influences et des visions extérieures ?

Amandine : Nous essayons de mélanger les deux au mieux : pour ne pas que la bulle éclate, il faut laisser entrer de l’air, laisser tout ça respirer, évoluer, pour moi c’est capital. Pour la réalisation de l’album il y a eu Thierry Lacroix à qui on a laissé les rennes de L’intranquille et puis les avis de notre entourage comptent beaucoup et sont comme des rails, ils nous permettent d’aller droit et d’aller loin sans nous éparpiller, c’est important car on a choisi de vivre de notre musique et vu le système actuel (appelons ça un cauchemar industriel), cela nécessite toujours des compromis à plus ou moins grande échelle, alors ça me rassure. Mais ne m’empêche pas de dérailler.

HexaLive :  Comment s’est passée la rencontre avec Thierry Lacroix à la réalisation ?

Sarah : On connaissait Thierry et Manu de Dolly pour avoir enregistré une maquette chez eux avant le départ de Séverine (notre ancienne chanteuse), le courant était bien passé et surtout Thierry avait toujours des idées pas possible! Une grosse créativité, qui nous a poussé à le recontacter pour « L’intranquille », et on a eu la chance qu’il accepte. Thierry est un VRAI réalisateur artistique, complètement fou, mais génial!

HexaLive :  Une chanson sur Paris alors que vous venez de Clermont je crois… La capitale vous a tant marqué ?

Amandine : Je suis Lyonnaise, j’ai vécu à Paris il y a quelques années, c’était très violent au début, une période transitoire de ma vie, une impression de solitude étouffante. En fait, j’ai aimé cette ville quand j’en suis repartie, depuis je l’apprivoise et j’y reviendrai bientôt en attendant d’aller plus loin. Comme beaucoup d’artistes, Paris m’inspire, elle est violente car contrastée, c’est un aimant avec le plus et le moins qui s’agitent en permanence, Paris c’est un ensemble de pulsions et d’extrêmes, je pourrais écrire des heures sur elle, allez j’arrête !

HexaLive : Une nouvelle voix pour un nouvel album : comment a été ressentie l’arrivée d’Amandine par le groupe et par le public ? Pas trop de pression d’être catapultée comme ça en avant?

Sarah : Amandine a, selon moi, suffisamment de charisme sur scène pour emporter les gens, la transition s’est faite sans problème je pense. Pour nous cela s’est passé très naturellement, dès les premières notes jouées ensemble, les premiers regards, on était un groupe! C’est une sensation bizarre mais la non plus on ne s’est pas posé de question, ça collait, point.

HexaLive : L’album est sorti depuis quelques mois déjà, et depuis vous avez pas mal tourné ; on note en plus une réelle envie de partager, de communiquer avec votre public, sur myspace aussi. Alors : la scène avant tout ?

Sarah : La scène c’est la récompense! On guette les dates de concerts qui rentrent, on se réjouit de monter dans le camion pour partir jouer. On a toujours joué en concert, même quand on avait pas d’album à défendre, on rencontre tellement de gens sur la route, c’est un vrai plaisir!
myspace nous permet de rester en contact ensuite avec les gens rencontrés de çi de là, d’échanger des points de vue, de parler ensemble si on a pas pu se croiser en concert.

HexaLive : Prêtes pour le Beaujol’Rock ?

Sarah : Oui c’est marrant parce qu’on a joué à ce festival l’année dernière, il n’y avait pas beaucoup de monde, mais les organisateurs étaient sur-motivés, donc nous revoilà!

HexaLive : Que peut-on trouver parmi vos meilleurs souvenirs de rencontres et de concerts ?

Sarah : On a joué avec Kill The Young sur plusieurs dates et on garde de bons souvenirs, des discussions en anglais approximatif à 3h du matin dans des chambres d’hôtel enfumées avec un Mac crachant de la musique, des premières parties d’Indochine avec la sensation d’avoir « bouclé la boucle », de mon anniversaire fêtée dans les loges de Placebo en leur compagnie, de l’accueil du public à Bruxelles quand on est monté sur scène, le niveau sonore des gens qui criaient était tel qu’on ne s’entendait plus entre nous!

HexaLive : Quels sont vos projets ? Il parait que vous avez croisé Manu (ex-Dolly) et que le courant est bien passé.

On adore Manu, et son nouveau projet est plus que prometteur (il sort en Septembre) on espère pouvoir faire enfin des dates ensemble!

HexaLive : Quelle est votre playlist du moment ?

Sarah :
The National (Boxer)
Dream City Film Club (In the cold light of morning)
The Kills (Midnight boom)
Interview réalisée par Jen

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