Montereau Confluences

6 et 7 Juin 2008 – Montereau Confluences

Que diriez-vous d’une petite sortie familiale ? On sort les poussettes direction Montereau, ville de Seine-et-Marne au confluent de l’Yonne et de la Seine pour un festival au croisement des genres musicaux. Ce rendez-vous populaire se veut le moins cher d’Ile-de-France et offre un panel très éclectique pour la modique somme de 10 euros les 2 jours.

Vendredi 6 juin

Bien que sans enfant, je suis accueillie sous la tente aux environs de 18 heures le vendredi 6 juin par l’attachée de presse relativement déçue de l’absence de certains médias (notamment la télé) mais rassurez-vous, nous sommes là, nous !! Me voilà donc lancée dans l’arène. C’est à 18h30 que je découvre la petite scène où le groupe rock Versatil interprète son premier morceau. Ce trio bellifontain a joué de malchance avec un micro mal réglé étouffant la voix de Piergy. Ce problème n’empêchera pas par la suite de relever des paroles évocatrices comme : « je veux tirer un… ». Un quoi ? Pas compris ! ha ha… Je regrette juste que la force des paroles ne trouve pas son plein épanouissement devant public…

A ce moment très précis, je commence à faire la connaissance du staff photo pour ne plus les quitter de la soirée ! Eh oui, on revient toujours vers les gens sympas !
En attendant devant la grande scène les talents confirmés pour qui j’ai fait le déplacement, je constate qu’un espace a été aménagé afin que les personnes handicapées puissent elles aussi profiter du spectacle : un bon point, c’est si rare ! Les stars d’Astonvilla apparaissent enfin à mon plus grand ravissement, arborant fièrement leurs lunettes noires. Rock’n Roll Baby ? Pas seulement ! Je soupire d’aise même si je me casse le cou au pied de la scène de près de deux mètres de haut. Les soupirs de Fred, quant à eux d’une extrême sensualité dans « De jour comme de nuit » en ont mis plus d’une mal à l’aise. « Coming out » : je jubile ! Notons que les paroles « Pas de bras, pas de chocolat » qu’on retrouve dans le titre « Regarde-moi », ont pris une autre envergure sous le regard attentif de ce public invité à la fête.

A voir les Invités en face, les membres donnent tout de suite la couleur de leur rock manouche. Casquette et chemise vert flashy, c’est Clément à la contrebasse et au chant. Olivier est au cajon, une fois n’est pas coutume. Tout de suite, ça fleure bon la bonne humeur au « Café des Rêves » servie par la chaude voix d’Elisa (clavier/tambourin) aux côtés de Pierrot, leur pote. Coup de cœur pour le titre « Les clefs » remarquablement introduit par Thomas (accordéon, clarinette, guitare, rien que cela !) auprès des spectateurs. « T’as pas de chez toi ! T’as une bagnole au moins ? » Alors, nous voilà tous les clefs en l’air prêts à agiter ses instruments de fortune. Ah ! que j’ai aimé assister à ce final grandiose du à « Marie-Thérèse ». « Comment ça, vous ne la connaissez pas ? On va vous la présenter… Elle est chaude comme de la braise… »

C’est alors que se présente Emmanuel Moire au piano pour son baptême festivalier. Il prendra ensuite place derrière le micro afin de dévoiler ses beaux yeux au public venu nombreux l’encourager. Des poses très royales, nous rappelle qu’il a été le Roi Soleil dans la comédie musicale du même nom. Le chanteur pour qui c’était une première, a paru très satisfait de cet accueil. A en juger par les cris perçants des demoiselles retentissant encore dans mes oreilles, je comprends.

Chris Agulo ou le Elvis revival, succédant à Manu les yeux bleus, dénotait un peu mais il faut de
tout pour faire un monde, non ? Un coté kitsch qui n’a pas été du goût de chacun, à commencer par les fans du King. Le set de cette formation a presque duré une heure : le temps d’installer tout ce petit monde ! Il faut bien dire que les costumes très travaillés ne pouvaient qu’ajouter à la dimension festive.

A quelques pas de là, un jeune homme vêtu d’une chemise de base-ball rouge, discman en main fait son entrée sur scène. Sa présence sert à rappeler à la jeune génération les titres emblématiques du groupe disco mythique Kool & the Gang. Très habile précaution qui a pour autre avantage de mettre la foule en mouvement. Ils n’ont guère changé, quelques cheveux gris supplémentaires tout au plus mais l’énergie est restée la même. Ils nous ont joué leurs plus grands succès au plus grand bonheur d’une famille du premier rang qui avait pris soin de mettre des perruques afro balançant au son de « Fresh », « Ladies’ Night », etc.

Les Ducs, quant à eux, font figure d’OVNIS sur la planète rock comme le confirme  leur page myspace où ils dévoilent (presque) tout de leur intimité  Des mains gantés de noir, du velours : je verse dans ce monde étrange et fascinant pour en déjouer les secrets…

Mais à peine le temps d’y pénétrer que déjà le dancefloor (ou ce qu’il en reste, c’est-à-dire de la paille ou du sable pour éponger l’averse de la veille) m’appelle avec Antoine Clamaran aux platines. Il mixera une petite partie de la nuit en compagnie d’un percussionniste et on ne manquera pas de battre la mesure en reconnaissant les tubes que le DJ passe.

Et puis il est l’heure de ressortir du Parc des Noues chaussures et pantalon crottés sur des rythmes house, empestant la frite et la merguez à des kilomètres à la ronde mais heureux avec cette impression partagée d’avoir vécu un grand moment.

Samedi 7 juin
Retour sur le site le lendemain vers 16h. Cette fois j’ai prévu les chaussures de combat ! Il y a déjà des voitures garées sur les ronds-points. Ca promet !! Le trajet que j’emprunte jusqu’à l’entrée se fait en musique : Faudel vient de commencer son set. Sans me presser, me voilà devant lui. Il est très élégant en jean/chemise/veste et tout sourire. Il ne sait pas encore ce qui l’attend. Et pourtant, il se montrera malgré tout très accessible. Sa prestation a su dérider le public qui se prépare à affronter une météo peu clémente.

L’atmosphère non plus n’est pas au beau fixe après le passage choquant du groupe suivant. Manu, au chant, a joué à fond la carte de la provoc’. On sait pertinemment que celle-ci n’est pas l’alliée des artistes surtout quand elle est malveillante et gratuite ! Le programme annonce Les Invités « rock grolandais » : il faut donc s’attendre à une prestation un peu trash pour un public averti, peut-être… Or, personne n’imaginait que cela serait allé si loin. Après avoir entonné un très punk « Les Anarchistes » de Léo Ferré et passablement insulté le maire de la ville qui l’accueille, ainsi que Faudel, Manu dit le moqueur, en robe dentelle fendue très haut sur un string rouge porté sur le collant, sort une énorme bouteille de Ballantines dont il ne restera bientôt plus grand-chose. C’est alors qu’arrive la première incartade : des bijoux de
famille qui dépassent. Le bassiste Jean-Mi en parfait sosie de Bowie ainsi que Belette, l’autre bassiste en mini-jupe et collants filés s’en amusent, dans un premier temps. Le public ne peut pas échapper non plus à sa lune mais quand il fait tomber intégralement le bas, on s’insurge. Un papa accompagné de sa petite fille n’y tient plus et monte sur scène prêt à dérouiller l’exhibitionniste. Pouss le batteur arrive à temps pour s’interposer. Les micros sont coupés. Ils feraient mieux de déménager ! Qu’est-ce que je disais ?! C’est alors qu’une bande de jeunes en profite pour faire tomber les barrières de sécurité. L’intervention des vigiles et des forces de l’ordre met formidablement fin à ce mouvement de foule. On n’entendra plus parler de cet incident jusqu’aux excuses public du bassiste au nom du groupe, alors que le chanteur est en cellule de dégrisement. C’est donc ici, à Montereau, que les Locataires se sont produits sur scène avec cette configuration pour la dernière fois.

Mickael Youn des Fatal Bazooka en survêt doré imprimé de billets de banque et lunettes de ski sur le haut de la tête est en place avec son «boule » pour apaiser les esprits quelque peu échauffés. Avant même qu’il se mette à entonner les refrains qui ont fait sa célébrité, on en a déjà plein les mirettes. Non, on n’est pas à Marseille (ni au « port du havre ») même si les deux villes commencent par la même lettre… Et vas-y que ça parle foot  entre supporters alors, « Parle à ma main » ! Je n’ai alors lus que le nez et la bouche qui dépassent de la capuche. Pour chauffer le public, qui essuie ces quelques gouttes, dans le monde de Youn, les mecs aiment la chatte et les filles la b**** !  Ralala, sacrés coquins !! Le leader ne se ménage pas ; il sillonne la scène de droite à gauche et de gauche à droite. Les objectifs des appareils photo font de même sans vraiment pouvoir le saisir, lui et ses deux acolytes, tant ils ont la bougeotte ! Pas surprenant que Mickael Youn sorte tout dégoulinant de scène : la sueur, le salaire de la générosité.

Ayant manqué toutes les fois où les artistes acceptaient de poser dans l’espace presse la veille, j’adopte une autre stratégie. Je patiente, parfois très longtemps pour faire chou blanc ! Dommage que les longues attentes de prise de clichés pour les derniers artistes m’aient empêché d’aller écouter les groupes sur la petite scène. Mea culpa à Jenkika (zouk/reggae), Yogan (rock cetique) et Dream Lost (hard progressif) que je n’ai entendu que de loin…
Toujours depuis ces mêmes coulisses et avant que Kassav monte sur scène, je retrouve l’un de leur technicien, précédemment croisé sur une date d’Aqme !!! Le monde est petit tout de même… Kassav a assuré le show en provenance des îles. Qui ne connaît pas la talentueuse Jocelyne Beroard ? Elle et ses compagnons nous ont mis le soleil au fond du cœur le temps du concert sous ce ciel toujours aussi menaçant. Tous les ingrédients étaient présents pour faire zouker un public réceptif aussi serré qu’il était. Tous les records d’affluence ont été battus ! Bravo à vous qui étiez près de 45 000 !!

Tellement serré qu’en attendant l’apparition de l’autre beau gosse de la soirée, on ne compte plus les malaises dans la fosse. Julie et Kalou d’Evasion la radio sont les présentateurs privilégiés de cette soirée. L’exultation féminine est à son paroxysme quand un Christophe Maé encapuchonné fait son entrée avec sa guitare. La déco de la scène est à l’image de sa musique c’est-à-dire une scène bigarrée parsemée de colliers de fleurs, de palmiers et de nounours en peluche. Très pressé, il rejoindra vite le bus qui l’attend au fond du site, à mon plus grand désappointement. Bah oui, il m’arrive de faire ma groupie pour la bonne cause !

C’est alors à Calogero que revient la lourde tâche de conclure ces deux journées pleines d’émotions. Cette frêle silhouette noire reconnaissable entre toutes assure toujours autant. [Séquence émotion : c’est lui qui m’a fait vibrer lors du premier concert auquel j’ai assisté !] Après les trois premiers titres, je prends la pose assise, indéboulonnable, mes jambes ayant été quelque peu malmenées en 24 heures. Je suis alors très étonnée de trouver le guitariste en coulisses : il profite d’un titre pour se désaltérer. Pas stressé le gars !!

Et voilà l’heure des « Au revoir » et non pas des « adieux » puisqu’on promet qu’on se reverra au Bruit de Melun. Petite accrédiation ! Hey, viens là petite, petite…

Clo’s Song – Crédit photo : Clo’s Song